La réforme des établissements et entreprises publics sous la loupe de l’OCDE

Entrée du siège de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), à Paris. . DR

Revue de presseRécemment évaluée à Paris par l’OCDE, la gestion stratégique des établissements et entreprises publics marocains franchit une étape décisive. Entre impératifs de gouvernance aux standards internationaux, trajectoire d’investissement de plus de 200 milliards de dirhams et assainissement des équilibres financiers, le Royaume orchestre une restructuration globale de ses 274 entités publiques pour soutenir sa croissance, tout en renforçant la transparence du secteur. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 28/10/2026 à 19h49

Les 21 et 22 octobre derniers, le Maroc s’est illustré sur la scène internationale en exposant la transformation profonde de ses établissements et entreprises publics (EEP) lors de la 47e réunion du Groupe de travail de l’OCDE à Paris. Porté par Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), cet exercice d’évaluation s’inscrit dans le cadre de la «SOE Review» demandée par le Royaume. L’objectif est d’aligner le secteur public commercial national sur les standards mondiaux de gouvernance. De récentes publications de l’OCDE saluent déjà la politique actionnariale adoptée par le Maroc en 2024, plaçant le pays parmi les 43% d’économies de l’étude dotées d’un cadre stratégique unifié et structuré pour la gestion des participations publiques, rapporte le quotidien Les Inspirations Éco.

Ce vaste chantier repose sur la complexité et l’étendue d’un secteur tentaculaire, dont le rapport accompagnant le projet de loi de finances 2027 dresse le portrait précis. Avec un portefeuille composé de 274 entités à fin septembre 2026 et pas moins de 556 filiales et participations, l’actionnariat public marocain fait preuve d’une forte assise territoriale tout en rayonnant à l’international, un quart de ses filiales étrangères étant implanté en Afrique. Cette diversité exige un pilotage subtil et différencié: il s’agit d’encadrer avec la même rigueur des géants commerciaux soumis à la concurrence, des gestionnaires de services publics essentiels et des entités stratégiques dédiées au développement régional, tout en clarifiant le rôle exact de l’État actionnaire.

D’un point de vue financier, l’exercice écoulé témoigne de la puissance économique du secteur public, portée par la solide dynamique d’acteurs-clés. En 2025, le chiffre d’affaires agrégé des EEP s’est élevé à 421,6 milliards de dirhams, matérialisant une hausse de 16% sur un an, tandis que le résultat net a progressé de 22% pour atteindre 28,5 milliards de dirhams. L’effort d’investissement a suivi la même pente ascendante pour toucher 124,4 milliards de dirhams. Néanmoins, les projections financières réclamant une prudence accrue, les prévisions pour 2026 anticipent un léger repli de 14% de la rentabilité globale du secteur, malgré un chiffre d’affaires consolidé attendu à plus de 448 milliards de dirhams, lit-on dans Les Inspirations Éco.

Pour soutenir ses grandes ambitions de modernisation, l’État impose un rythme d’investissement exceptionnellement soutenu pour les prochaines années. Près de 210 milliards de dirhams d’investissements annuels sont programmés pour 2026 et 2027, avant une stabilisation progressive des dépenses à l’horizon 2029. Cette trajectoire ambitieuse requiert un arbitrage permanent et un flux financier bilatéral intense entre les caisses de l’État et ses opérateurs publics. Si ces derniers contribuent généreusement au budget général à hauteur de plus de 20 milliards de dirhams de transferts et 24,3 milliards de recettes fiscales, l’État doit parallèlement injecter 72,9 milliards de dirhams pour financer leur fonctionnement et leur capital, amortissant au passage les lourds déficits structurels d’opérateurs en transition comme l’ONEE.

Au-delà des équilibres budgétaires, la modernisation des EEP passe par une refonte rigoureuse de leurs organes d’administration et la mise en conformité avec les standards internationaux de gestion. L’ANGSPE a ainsi orchestré l’introduction de 34 administrateurs indépendants, dont 65% de femmes, la création de 142 comités spécialisés, ainsi que l’alignement des comptes consolidés de l’État sur les normes IFRS. L’évaluation de la performance ne se limite plus aux simples données comptables, mais s’étend désormais à une analyse extra-financière globale à 360 degrés. Cette nouvelle exigence s’illustre particulièrement dans le verdissement du portefeuille public, où plus de 140 milliards de dirhams d’investissements analysés sont directement fléchés vers la transition climatique.

La concrétisation de cette feuille de route stratégique s’appuie sur une série de réformes structurelles conçues pour accroître l’efficience opérationnelle et la transparence globale du secteur public. La contractualisation des relations État-EEP, le renforcement des partenariats public-privé, la numérisation des démarches et la réduction drastique des délais de paiement constituent le socle de ces mutations, conclut Les Inspirations Éco. La mise en service effective des douze sociétés régionales multiservices dès 2025 incarne parfaitement cette dynamique de proximité pour la gestion de l’eau et de l’électricité, démontrant que la refonte de la gouvernance vise avant tout une plus grande efficacité au service de la collectivité.

Par La Rédaction
Le 28/10/2026 à 19h49