La 24e édition du festival L’Boulevard s’installera du 17 au 20 septembre au stade du R.U.C., à Casablanca, réaffirmant sa vocation de grande fête gratuite des musiques urbaines et alternatives. Fidèle à sa mission de défricheur de talents, l’événement débutera par sa célèbre compétition du Tremplin, qui mettra cette année à l’honneur quinze formations sélectionnées parmi les meilleures propositions émergentes du Royaume.
Provenant de Casablanca, Kénitra, Rabat, Berkane, Oujda, Ahfir, Agadir, Salé et Settat, ces artistes traduisent la vitalité artistique des régions. La grille de compétition réunit sept groupes de rap et hip-hop avec Funk Clan, BrownY Original, Koga, Yuzy, Shinohidden, Strong & Qweta et Dgueulasse Gold, quatre formations de fusion comprenant Arinass, Oxor, Ighouliden Band et Metrotune, ainsi que quatre représentants du rock et du métal avec Anora, Darih, Lixivia et 2min Away. Pour accentuer le soutien concret aux jeunes créateurs, l’association EAC-L’Boulevard rehausse la dotation du Tremplin à 15.000 dirhams pour le premier prix et 10.000 dirhams pour le second.
Sur la grande scène, la première journée, jeudi, célébrera l’hégémonie du hip-hop avec le retour très attendu du rappeur casablancais Dizzy DROS, épaulé par les figures émergentes Figoshin et Bo9al, sans oublier la maîtrise technique aux platines de DJ Fly.
Le vendredi sera consacré aux sonorités fusion et populaires, avec la succession du groupe émergent Rita Nattah, de la formation afro-psychédélique Bab L’Bluz, de l’artiste Issam Kamal et de la formation Mazagan, de retour au programme pour la première fois depuis 2008.
Le samedi constituera le sommet électrique du festival avec la journée rock et métal, illuminée par la légende brésilienne Sepultura. Intégré à sa tournée d’adieu mondiale «Celebrating Life Through Death», ce concert marque un retour historique seize ans après son premier passage mémorable à Casablanca, en 2010. La scène verra également se produire la formation française de black metal Sotherion, les Casablancais de Suicide Machine, vainqueurs du Tremplin en 2015, ainsi que le projet franco-marocain de hip-hop/punk/ska Mycose Of You, réunissant Samados.
La journée de clôture, dimanche, célébrera la création contemporaine et les musiques du monde en faisant d’abord monter sur scène les six groupes lauréats du Tremplin. La soirée se poursuivra avec la résidence dub Zentone, union artistique entre High Tone et Zenzile, le rock orientalisant du groupe franco-syrien Sarāb, ainsi que le quintet congolais Kin’Gongolo Kiniata, réputé pour fabriquer ses propres instruments à partir de matériaux de récupération. Les prestations électroniques d’Omar Oka et d’Aziz Konkrite, venu présenter son projet audiovisuel «Casa Lover», viendront clore cette ultime étape.
À travers cette programmation, les cofondateurs Hicham Bahou et Mohammed Merhari, dit Momo, mettent en lumière les réalités d’un secteur en pleine mutation. Hicham Bahou analyse l’expansion du rap comme le reflet d’une expression populaire directe, favorisée par une grande mobilité et une logistique légère par rapport aux lourdes contraintes financières des ensembles instrumentaux de six à huit musiciens. «On manque crucialement de petites salles et de scènes régionales pour permettre aux artistes de se produire régulièrement et d’apprendre la rigueur du spectacle vivant, loin du recours de facilité au playback», a-t-il déclaré à Le360.
De son côté, Mohammed Merhari rappelle la philosophie pragmatique qui préserve l’agilité du festival, fonctionnant sans planification rigide à long terme mais en s’appuyant sur un réseau de confiance international, qui permet d’offrir gratuitement des affiches prestigieuses au public marocain.





