Mohammed Kaghat: entre le succès de «Bnat Lalla Mennana» et les coulisses de «Al Maddah»

محمد الكغاط: أنا لست مثل "عبد الرحمن" وهذه كواليس تصوير "المداح" في المغرب

Mohammed Kaghat, acteur dans «Bnat Lalla Mennana» et producteur exécutif de la série «Al Maddah» au Maroc. (S.Belghiti/Le360)

Le 08/03/2026 à 18h03

VidéoActeur et producteur, Mohammed Kaghat est présent sur plusieurs fronts en ce début d’année 2026. Alors que son rôle dans «Bnat Lalla Mennana» suscite des réactions enthousiastes sur les réseaux sociaux, il revient sur la gestion au Maroc de la production égyptienne «Al Maddah». L’artiste livre ainsi un tour d’horizon complet de son actualité chargée en ce mois de Ramadan.

Depuis le début du mois de Ramadan, le personnage d’Abderrahmane dans la troisième saison de «Bnat Lalla Mennana» suscite de nombreuses réactions. Mohammed Kaghat, qui a rejoint le casting sous l’impulsion du réalisateur Chaouki El Ofir, ne cache pas son engouement: «Je n’ai pas hésité une seconde. On connaît tous le succès historique des deux premières saisons. C’est l’une des plus belles productions de la télévision marocaine

Pourtant, le rôle comportait une part de risque. Abderrahmane, initialement perçu comme un prétendant maladroit auprès de Majda, se révèle être un escroc marié. «C’est un rôle qui traite de sujets graves comme le harcèlement et l’exploitation des jeunes femmes, mais avec une certaine fluidité narrative», explique l’acteur.

L’impact sur les réseaux sociaux a été immédiat, donnant lieu à des échanges parfois insolites. L’acteur s’amuse d’ailleurs de certains retours: «Certains m’ont écrit: “Tous les chauves sont des arnaqueurs!”. Mais le message qui m’a le plus touché vient de la fille d’un ami, âgée de 12 ans, qui a trouvé mon jeu très naturel. C’est le plus beau des compliments.» Face au réalisme de sa performance, il a toutefois tenu à rassurer son public: «Je tiens à préciser que je ne ressemble en rien à Abderrahmane! Ceux qui me connaissent savent que je suis très loin de ce personnage.»

Parallèlement à sa carrière devant la caméra, Mohammed Kaghat est une figure de la production marocaine depuis 2012. Formé aux métiers de la production, il a dirigé des projets comme «Al Farrouj», ou encore «Kho Khwatato».

Cette année, il a franchi une nouvelle étape en assurant la production exécutive au Maroc pour la méga-production égyptienne «Al Maddah» (Saison 6). «C’était une expérience fantastique. Les producteurs cherchaient des décors inédits, et j’ai proposé Chefchaouen et les environs de Marrakech pour l’ouverture de la série», confie-t-il.

Interrogé sur les craintes de certains internautes de voir le Maroc associé à une image de «sorcellerie» à travers la thématique de «Al Maddah», Mohammed Kaghat se montre catégorique: «Un producteur exécutif qui respecte son métier ne peut accepter un projet qui nuit à son pays.»

Il rappelle que chaque scénario étranger est rigoureusement examiné par le Centre cinématographique marocain (CCM) avant l’obtention des autorisations de tournage. «Notre but est de montrer la beauté du Maroc, de favoriser le tourisme et d’attirer d’autres productions mondiales. Dans les scènes tournées chez nous, le héros prie, écoute des chants religieux... On est dans le sacré, pas dans le cliché.»

L’activité de Mohammed Kaghat se décline sur plusieurs supports pour cette année 2026. Au cinéma, il annonce la sortie imminente du long-métrage «Wcham Al Rih» , dont il est le producteur, prévue pour le 29 avril dans les salles nationales.

Sur le petit écran, il est également derrière la série historique «Abtal Al Ramal» (15 épisodes), diffusée sur la chaîne qatarie et la plateforme Shahid. «Ce projet a mobilisé plus de 70 acteurs arabes, dont près de 40 Marocains, pour raconter les grandes figures de la poésie arabe comme Antara ou Al-Khansa», précise-t-il.

Les téléspectateurs marocains pourront également le retrouver sur Al Aoula dans la mini-série «Mission Messi», programmée juste après le mois de Ramadan.

Par Ghania Djebbar et Siffedine Belghiti
Le 08/03/2026 à 18h03