C’est un secret de polichinelle : les festivals en général, Mawazine en particulier, cristallisent une haine féroce mais souvent injustifiée de la part des islamistes. La pique venimeuse plantée dernièrement par le ministre PJD de l’Equipement et des transports, Abdelaziz Rebbah, participe clairement, comme le démontre si bien Assabah, dans son édition de ce weekend (23-24 mai), de cet esprit incroyablement haineux. Seulement voilà, le parti islamiste, au pouvoir comme à l’opposition, sait qu’il n’a pas d’arguments valables à faire valoir pour justifier sa sacro-sainte opposition à Mawazine, préférant tacler cette activité populaire sur des «détails» souvent anodins. Un coup, des « tuteurs » auto-désignés s’en vont fouiller dans la vie privée d’une tête d’affiche un détail « compromettant » qui ne regarde finalement que son auteur, passant à côté de l’essentiel, c’est-à-dire son répertoire artistique. Un autre, c'est le code vestimentaire des artistes qui est jugé non conforme à la morale. Pourtant, il suffit de sortir dans les rues et les plages marocaines pour se rendre compte que les gens ne portent pas des burqas au royaume.
La musique, on ne la connaît que trop. Les festivals, « une œuvre du diable », un « espace de débauche et de dépravation et tout le toutim. Des « arguments » qui, à l’évidence, ne tiennent pas la route, et, à la fin des fins, s’opposent à la volonté d’un peuple qui a fait le choix civilisé de la joie et de la fête.Forme moderne de la fête, Mawazine participe justement de cette volonté de réappropriation et d'animation de l'espace public.




