Celui que les Nations unies avaient proclamé, en 2007, "l'ambassadeur des pauvres", n'est plus. Le célèbre poète égyptien Ahmed Fouad Negm s'en est allé ce mardi matin du 3 décembre, à l'âge de 84 ans. Ce grand poète engagé, féru de justice et grand admirateur de Guevarra à qui il consacrera d'ailleurs un poème, aura marqué des générations par des écrits qui sont, comme dirait Aimé Césaire, autant de mots "que l'on braque".
"Quand le soleil se noie dans une mer de brume, Quand une vague de nuit déferle sur le monde, Quand la vue s'est éteinte dans les yeux et les cœurs, Quand ton chemin se perd comme dans un labyrinthe, Toi qui erres et qui cherches et qui comprends, Tu n'as plus d'autre guide que les yeux des mots", écrivait ainsi Ahmed Fouad Negm dans un poème mis en musique par Cheikh Imam en 1973. Des mots qui vaudront à celui qu'Anouar Al Sadat aimait à surnommer "le poète indécent" 18 ans de prison, une prison qu'il ne quittera qu'après l'assassinat d'Al Sadat, en 1981. Des poèmes qui resteront dans les mémoires, chants, cris de liberté qui continueront de nous guider dans la nuit, sur un chemin frayé par les tremblées d'un luth.




