Les toiles marocaines de Winston Churchill s’imposent comme les joyaux de la première grande rétrospective consacrée à son œuvre picturale, «Winston Churchill: The Painter», organisée à la Wallace Collection de Londres du 23 mai au 26 novembre 2026.
Homme d’État au destin monumental, prix Nobel de littérature, figure tutélaire de la résistance britannique face au nazisme, Winston Churchill était aussi, loin des tribunes et des champs de bataille, un peintre amoureux de son art. C’est indéniablement au Maroc que Winston Churchill, le peintre, a trouvé son inspiration, et plus particulièrement à Marrakech.
Ainsi, dans le cadre de cette exposition, Xavier Bray, directeur de la Wallace Collection et sa co-commissaire d’exposition, Lucy Davis, ont-ils choisi d’omettre les portraits réalisés par le peintre pour présenter en revanche une sélection attrayante de près de 60 natures mortes et paysages, parmi lesquels des panoramas sereins et ensoleillés de destinations de vacances en Italie et sur la Côte d’Azur ainsi qu’au Maroc.
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Dans un article dédié à cette rétrospective, la première depuis 1959, le journal britannique Telegraph rappelle que Churchill visita Marrakech à six reprises entre 1935 et 1959, séjournant régulièrement à La Mamounia. Au sein de ce palace, mais aussi lors de ses promenades dans la ville ocre et aux pieds de l’Atlas, Churchill multiplia les toiles où transparaissent la fascination qu’exerçaient sur lui ces lieux. De la lumière rasante sur la Koutoubia aux teintes ocres et roses des médinas, en passant par les verts profonds des jardins…
«On voit bien que, comme beaucoup d’artistes avant lui, Churchill aimait peindre en Afrique du Nord, où, travaillant en plein air, il attirait une foule de curieux», note Telegraph. Et de juger que si «ses compositions marocaines n’ont peut-être pas l’audace flamboyante de celles d’Henri Matisse (…), leurs combinaisons de roses poudrés, de lavandes fraîches et de verts n’en restent pas moins séduisantes».
L’inspiration marocaine de Churchill est telle que l’exposition de la Wallace Collection lui consacre une salle entière. D’après le média britannique, ces paysages marocains sont d’ailleurs le clou du spectacle et consacrent véritablement le talent d’un peintre trop sous-estimé jusqu’à présent.
Ainsi, juge la publication, la pièce maîtresse de cet hommage marocain est une vue de la mosquée Koutoubia, peinte en 1943, et qui s’impose comme la seule toile que Churchill réalisa pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale. Pour la petite histoire, il l’offrit à Franklin D. Roosevelt, qu’il avait convaincu de l’accompagner à Marrakech juste après la Conférence de Casablanca, pour, selon ses propres mots, «admirer le coucher de soleil sur les neiges de l’Atlas». Une manière toute churchillienne de faire de la diplomatie. Longtemps conservée dans des collections privées, elle fut vendue par Angelina Jolie en 2021 lors d’une vente aux enchères, pour la rondelette somme de 8,3 millions de livres sterling.
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Mais au-delà de cette peinture, l’exposition fait la part belle à d’autres peintures marocaines de l’homme politique. Certes, estime Telegraph, «il avait un regard de touriste et était attiré par des sujets conventionnels, comme une porte des remparts antiques de Marrakech. Mais il quittait aussi la ville en quête de motifs originaux».
En effet, Churchill a peint d’autres paysages que ceux de Marrakech, en témoigne notamment Les Gorges du Todhra (1951), dans laquelle il peint ce canyon des montagnes de l’Atlas oriental, la minéralité sauvage de la région, loin du cliché orientaliste.



