La photographie, star de la Nuit des musées et des espaces culturels à Casablanca

La photographie, vedette de cette cinquième édition de la Nuit des musées et des espaces culturels. (S.Belghiti/Le360)

Le 24/06/2026 à 18h30

VidéoLe 23 juin, Casablanca a célébré la photographie sous toutes ses formes. À l’occasion de la 5ème édition de la Nuit des musées et des espaces culturels, organisée cette année dans le cadre du bicentenaire de l’invention de la photographie, la métropole a également inauguré son tout nouveau Musée de la photographie et des arts visuels, signé par l’architecte japonais Tadao Ando. De 17 heures à minuit, galeries, musées et espaces culturels ont ouvert gratuitement leurs portes, attirant un public nombreux venu (re)découvrir un médium qui, deux siècles après sa naissance, continue de fasciner, d’interroger et d’émouvoir.

La 5ème édition de la Nuit des musées et des espaces culturels a animé, mardi 23 juin, plusieurs villes du Royaume de 17 heures à minuit. Organisée par la Fondation nationale des musées (FNM), cette manifestation nationale était placée sous le signe de la photographie, en célébration du bicentenaire de l’invention de ce médium qui a profondément transformé les modes de représentation du monde.

À Casablanca, de nombreux musées, galeries et espaces culturels ont exceptionnellement ouvert gratuitement leurs portes au public. Le programme a notamment associé le Musée de la photographie et des arts visuels, l’AA Gallery, l’Anfa Park–Institut français du Maroc, l’Artem Gallery, l’Eden Art Gallery, la Fondation TGCC pour l’art et la culture, l’Atelier 21, la Galerie Nadar, l’Institut français du Maroc, la Galerie 121 ainsi que la Galerie Shart.

Le temps fort de cette édition a été l’inauguration du Musée de la photographie et des arts visuels de Casablanca, conçu par l’architecte japonais Tadao Ando. Le musée accueille une exposition inaugurale consacrée à Casablanca et à ses habitants. Parmi les œuvres présentées, une vingtaine ont été prêtées par l’Institut du monde arabe de Paris et près de trois cents par Nathalie Locatelli, fondatrice de la Galerie 127 de Marrakech, espace de référence dédié à la photographie contemporaine du Maghreb. Elle a été accompagnée dans ce travail curatorial par Abdelaziz Idrissi, chef du département des musées au sein de la Fondation nationale des musées (FNM), Soufiane Er-Rahoui, conservateur du Musée national de la photographie, ainsi que par les photographes Khalil Nemmaoui et Daoud Aoulad Syad.

L’exposition rassemble des œuvres de Khadija El Abyad, Mehdi Ait El Mallali, Leïla Alaoui, Ahmed El Almi, Zineb Andress Arraki, Daoud Aoulad Syad, Ilyass Baha, Asmaâ Akhannouch, Jean-Christophe Ballot, Marco Barbon, François Beaurain, Souki Belghiti, Carolle Benitah, Hakim Benchekroun, Déborah Benzaquen, Yasmina Bouziane, Karim Chater, Imane Djamil, Abderrahmane Doukkane, Isabelle Ehrler, Lalla Essaydi, Tayeb El Mokri, Flore, Marcelin Flandrin, Hicham Gardaf, Yasmine Hatimi, Robert Jausson, Yves Jeanmougin, Joseph Marando, Mehdy Mariouch, Safaa Mazirh, Fatima Mazmouz, Jamal Mehssani, Anne de Mocaër, Lamia Naji, Khalil Nemmaoui, Malik Nejmi, Amine Oulmakki, Gérard Rondeau, Michaël Serfaty, Alice Sidoli, Sarah Smahane, Yassine Toumi, Gabriel Veyre, Yoriyas et Adnane Zemmama.

La galerie d’art L’Atelier 21 a choisi de mettre à l’honneur l’une des séries les plus marquantes de Hicham Benohoud, La Salle de classe. Réalisé entre 1994 et 2002, alors que l’artiste enseignait les arts plastiques dans un lycée de Marrakech, ce travail est né dans l’espace même où il exerçait son métier. La salle de classe devient ainsi à la fois un lieu d’enseignement et un véritable laboratoire de création.

«Lorsque l’on découvre ces photographies, on a souvent l’impression qu’elles ont fait l’objet de trucages ou d’un important travail de postproduction. Pourtant, tout a été réalisé au moment de la prise de vue», explique Nadia Amor, directrice de L’Atelier 21, pour Le360. «C’est précisément ce qui rend ces images si troublantes. Avec des éléments très simples – de la ficelle, des tables, des feuilles de papier, tout ce que l’on trouve dans une salle de classe –, Hicham Benohoud parvient à créer des situations étranges, parfois inquiétantes, qui bousculent notre perception du réel», ajoute-t-elle.

En 2025, la monographie The Classroom, consacrée à la célèbre série La Salle de classe, a été récompensée par le prestigieux Paris Photo–Aperture PhotoBook Award. L’œuvre de Hicham Benohoud est aujourd’hui présente dans les collections de nombreuses institutions internationales de premier plan, parmi lesquelles la Tate à Londres, le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía à Madrid, le Fonds national d’art contemporain (FNAC) en France et le MuHKA (Musée d’art contemporain d’Anvers) en Belgique.

La manifestation a également permis d’attirer de nouveaux visiteurs vers les lieux d’exposition. Consultant en technologies de l’information, Taha découvrait pour la première fois à la fois la galerie L’Atelier 21 et l’univers de Hicham Benohoud. «C’est la première fois que je viens ici. Lors de la précédente édition de la Nuit des musées, j’avais visité d’autres expositions. Je ne connaissais pas cet artiste, mais j’ai été impressionné par la qualité de son travail. J’aime particulièrement la manière dont il a intégré les enfants à sa démarche artistique. Je suis émerveillé. Ce sont des œuvres qui traverseront le temps», confie-t-il.

Au fil des éditions, la Nuit des musées et des espaces culturels s’est imposée comme l’un des rendez-vous majeurs du calendrier culturel marocain. En ouvrant largement les portes des musées, galeries et institutions patrimoniales, elle contribue à démocratiser l’accès à la culture, à favoriser la rencontre entre les artistes et le public et à renforcer l’appropriation du patrimoine par les citoyens.

Par Qods Chabâa et Sif Belghiti
Le 24/06/2026 à 18h30