Depuis l’annonce de la mort de Gabriel Garcia Marquez, "La marionette" ou ce qui a été appelé "La lettre d’adieu de Gabriel Garcia Marquez à ses amis" envahit les réseaux sociaux. Une lettre dont il n’est pas l’auteur et qu’il a reniée jusque dans ce qu’elle véhiculait d’image de lui en déclarant : "Ce qui peut me tuer, c'est que quelqu'un croit que j'aie pu être l'auteur d'une chose aussi banale. C'est la seule chose qui me préoccupe". Le journal El Pais rapportait ainsi, en le citant, le démenti de l’écrivain. Cette fameuse lettre, soudain sortie de l’ombre à la disparition du Prix Nobel dont les "Cent ans de solitude" feront éclater le talent au grand jour dans une incroyable effervescence, est ainsi, en réalité, une offense à sa mémoire.
Triste buzz
Cette lettre, qui s’est mise à circuler en 1999, année où les médecins ont diagnostiqué à l’écrivain un cancer, serait l’œuvre d’un marionnettiste. Elle fait en ce moment un triste buzz sur Facebook où la fausse lettre est plus citée et partagée que les extraits de ses propres livres, écrits à l’encre une plume autrement plus puissante et plus digne. "Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m'offrait un bout de vie, je profiterais de ce temps le plus que je pourrais. Il est fort probable que je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais en définitive tout ce que je dis". Ainsi commence cette "lettre" insipide imputée à ce grand homme qui, lui, aura écrit, dans "L'amour au temps du choléra": "La seule chose que je regretterai en mourant, c'est que cela ne soit pas par amour". Qui aura écrit, aussi: "L'ingratitude humaine n'a pas de limite" ("Pas de lettre pour un colonel).




