Le traditionnel haïk figuigui a retrouvé les rues de l’oasis de Figuig à l’occasion d’une marche féminine organisée dans le cadre de la sixième édition des Journées sportives de la ville, tenue les 19 et 20 juin. Drapées de blanc, plus d’une cinquantaine de participantes ont parcouru la route touristique d’Azrou, transformant cette activité sportive en une véritable célébration du patrimoine local.
Organisée en hommage au regretté Mustapha Ghanem, figure marquante de l’association Oasis Sport Figuig Volley-Ball, cette marche a conduit les participantes de la route touristique d’Azrou jusqu’à la salle couverte omnisports, dans une ambiance mêlant activité physique, transmission culturelle et valorisation des traditions locales.
Pour les organisateurs, le choix du haïk n’a rien d’anodin. Il répond à une volonté affirmée de remettre en lumière un élément essentiel du patrimoine culturel de la ville. «Nous avons souhaité que les participantes portent le haïk traditionnel afin de valoriser cet héritage qui fait partie intégrante de l’identité de la ville et de la mémoire collective de ses habitants», annonce Abdelmajid Rabah, président du Club Oasis de Sport Figuig Volley Ball.
Tout au long du parcours, les participantes ont donné à cette initiative une dimension particulièrement symbolique. Entre les paysages verdoyants de l’oasis et les reliefs qui entourent la ville, le haïk semblait raconter à lui seul une partie de l’histoire de Figuig. «Le haïk représente nos racines et notre identité», affirme l’une des participantes. «Les femmes de Figuig ne se sentent pas totalement elles-mêmes sans ce vêtement», poursuit-elle, traduisant l’attachement profond qui unit encore aujourd’hui les habitantes de l’oasis à cette tenue ancestrale.
Loin de constituer un obstacle à la pratique sportive, ce vêtement traditionnel a même renforcé la portée de l’événement. Plusieurs participantes ont souligné le plaisir de conjuguer activité physique et valorisation du patrimoine. «Cette expérience nous a permis de faire du sport tout en célébrant notre culture», confie l’une d’elles. «Marcher dans ces paysages magnifiques procure une sensation de bien-être et d’énergie», renchérit une autre participante.
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Pour Naïma Ghassas, encadrante de l’activité, le haïk ne se limite pas à sa dimension patrimoniale. Il conserve également des fonctions pratiques adaptées à l’environnement de la région. «Le haïk associe à la fois héritage culturel et utilité quotidienne. Sa couleur claire aide à réfléchir les rayons du soleil et il offre aux femmes protection, pudeur et confort dans un environnement désertique», explique-t-elle. «Même l’Aouina, qui accompagne traditionnellement le haïk, possède une fonction spécifique liée à la protection des yeux, ce qui explique d’ailleurs son appellation locale», ajoute-t-elle.
Si les exercices physiques et les animations d’aérobic ont ponctué la fin de la journée, c’est le haïk figuigui qui en restera l’image la plus marquante. Drapées dans ce vêtement ancestral, les participantes ont rappelé que le patrimoine ne se conserve pas seulement dans les musées ou les archives, mais aussi dans les gestes du quotidien et les traditions que l’on choisit de faire vivre.




