FIFM : Terry Gilliam embrase Jamaâ El Fna

Brahim Taougar - Le360

Sur une place Jamaâ El Fna, envahie par une véritable marée humaine, le réalisateur britannique, a présenté, lundi soir, son dernier film, "Le théorème zéro".

Le 03/12/2013 à 12h51

Sur une place Jamaâ El Fna, envahie par une véritable marée humaine, Terry Gilliam a présenté, lundi soir, son dernier film, "Le théorème zéro", dans le cadre de la 13ème édition du Festival international du film de Marrakech. Le public est en effet venu nombreux, et c’est une salve d’applaudissements qui a fait tremblé la place à l’apparition de ce réalisateur amoureux d’un Maroc qui a rendu un fougueux hommage à cet artiste devenu un enfant du pays. Le début de cette histoire d’amour entre Terry Gilliam et le Maroc remonte à l’aube des années 80, avec le film "Bandits, bandits", dont quelques scènes ont été tournées à Ouarzazate. Et l’histoire de cet inextinguible amour continue, un amour qui a embrasé la place Jamaâ El Fna d’un véritable feu d’artifice.

Du grand art !

L’ancien Monty Python à l’imaginaire bariolé et à la conscience si aiguisée du monde qu’il nous en livre des perspectives abrasives sur le ton, souvent, d’une dérision décalée, a d’ailleurs délicieusement dialogué avec le public de Marrakech en se livrant à une sorte de jeu de mime hilarant. Déjà présent au FIFM en 2011, pour un hommage qui lui avait été rendu, le réalisateur de "L’armée des douze singes" et du magistral "Brazil" est revenu cette année ravir le public avec un nouveau bijou : "The zero theorem", un film fascinant, dans la pure inimitable veine de ce réalisateur qui ne ressemble à aucun autre et nous met souvent face à des anti-héros romantiques et névrosés, qui peinent à se mouvoir dans un monde enfermant, étouffant, étriqué.

"Le théorème zéro" ne déroge pas à l’esprit auquel nous a habitués Terry Gilliam qui met là en scène un informaticien à la vie banale, sans aspérités ni aspirations. Un personnage délicieusement sombre et névrotique que le spectateur attend de voir basculer dans l’inattendu, dans le nœud d’une intrigue corsée à la Gilliam. Et le moment de fracture qui viendra donner de l’étoffe à ce personnage taciturne et schizophrène à souhait sera celui où il se trouvera acculé à résoudre une impossible équation. Le théorème zéro : de la haute voltige. La société de consommation y prend pour son grade, les soubresauts d’un imaginaire débordant de génie bousculent sans cesse la narration, les scènes tantôt voilées de noirceur tantôt clinquantes sous les pas d’une call-girl qui tente d’aider à résoudre l’énigme, tout simplement majestueuses. Du grand art !

Par Bouthaina Azami
Le 03/12/2013 à 12h51