Plus de 160 habitations de la médina de Tétouan, jugées dangereuses, ont fait l’objet d’avis d’évacuations immédiates, indique Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 29 avril, citant une source officielle. «Les résidents doivent quitter les lieux dès aujourd’hui, avant demain», a précisé cet interlocuteur, indiquant que ces logements risquent de s’effondrer à tout moment, mettant en danger la vie de leurs occupants. D’autres notifications sont en cours d’études pour être adressées aux propriétaires d’habitations présentant un danger réel et imminent pour leurs habitants.
Les 160 maisons concernées abritent bien plus de 300 familles, certaines comptant plusieurs étages, précise Al Ahdath Al Maghribia. Avec un taux d’occupation élevé dans la médina, l’évacuation s’annonce particulièrement complexe. «La plupart des habitants vivent dans des conditions précaires et n’ont pas les moyens de se reloger, surtout avec la flambée des loyers et des prix de l’immobilier», explique un habitant des lieux. Pour beaucoup, l’idée même de trouver un logement alternatif relève de l’impossible.
Face à ces chiffres alarmants, une question cruciale se pose. Ces maisons pourront-elles être rénovées, ou faudra-t-il les démolir entièrement avant de les reconstruire? Les résidents, eux, redoutent de ne jamais pouvoir revenir dans leurs foyers, a-t-on pu lire dans Al Ahdath Al Maghribia. Le problème est d’autant plus épineux que de nombreux logements ne sont pas occupés par leurs propriétaires. Une grande partie des habitants sont des locataires, parfois de pièces individuelles, appartenant à des particuliers ou au ministère des Habous. Beaucoup renoncent à entretenir leur logement, et attendent d’hypothétiques décisions.
Pour prévenir tout drame, la commune de Tétouan a accéléré l’envoi des avis d’évacuation. «Il s’agit d’une mesure de précaution, car un effondrement pourrait avoir des conséquences catastrophiques», indique une source municipale. Des discussions sont en cours pour débloquer des budgets d’urgence, en collaboration avec plusieurs secteurs, afin d’intervenir sur les maisons encore réparables et de démolir celles qui représentent un danger pour les résidents et les passants.
Les habitants pointent du doigt les services compétents, accusés de ne pas délivrer les autorisations nécessaires aux réparations, sous prétexte de préserver le caractère historique de la médina. Cette situation a contribué à faire de la médina un «danger permanent» pour ses résidents comme pour ses visiteurs. Le principal défi, désormais, sera de faire appliquer ces évacuations. Certains habitants évoquent même un «abandon» de la part des autorités qui, selon eux, n’ont pas anticipé les conséquences humaines de ces évacuations.
Pour éviter une crise sociale, l’intervention d’autres institutions, dont le ministère de l’Habitat et ses organismes, s’avère indispensable. Des projets similaires à ceux menés pour éradiquer l’habitat insalubre dans d’autres villes pourraient être mis en place, en associant tous les acteurs concernés, y compris les résidents eux-mêmes, indique Al Ahdath Al Maghribia. Les autorités locales et la commune travaillent depuis plusieurs semaines à des solutions concrètes. Une commission spéciale a été créée pour examiner en urgence les demandes de réparations, et apporter une assistance technique aux habitants dont les maisons peuvent encore être sauvées. Parallèlement, des pistes sont explorées pour proposer un hébergement temporaire aux familles contraintes de quitter leur logement dans l’immédiat.




