Moulay Hafid Elalamy reçoit un doctorat honorifique de l’Université de Sherbrooke

De gauche à droite: le Pr Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke, Moulay Hafid Elalamy, docteur honorifique de l’UdeS, et le Pr Armand Soldera, doyen de la Faculté des sciences.

Plus de quatre décennies après avoir franchi les portes de l’Université de Sherbrooke comme jeune étudiant, Moulay Hafid Elalamy y est retourné, samedi 19 septembre, pour recevoir un doctorat d’honneur. Un retour aux sources particulièrement symbolique pour celui qui y avait obtenu, en 1985, un diplôme en informatique, avant de construire une carrière dans les affaires, l’entrepreneuriat et le service de l’État.

Le 22/09/2026 à 14h05

Lors de la cérémonie de collation des grades, l’Université de Sherbrooke a rendu hommage à cet ancien étudiant devenu entrepreneur, dirigeant d’entreprise et ancien ministre. Devant des centaines de diplômés et d’invités, Moulay Hafid Elalamy a reçu son titre honorifique des mains du recteur de l’Université de Sherbrooke, Pr Jean-Pierre Perreault, et du doyen de la Faculté des sciences, Pr Armand Soldera.

La distinction revêt une dimension particulière pour l’ancien étudiant de l’établissement québécois. «Il y a plus de quatre décennies, un jeune Marocain descendait d’un avion, une valise à la main, pour venir étudier à Sherbrooke, une discipline dont il ignorait presque tout: l’informatique», a-t-il raconté dans son discours.

Il a également rappelé qu’à son arrivée au Canada, il n’avait «jamais touché un ordinateur». Il avait pourtant, selon ses propres mots, «l’intuition qu’il fallait s’orienter vers ce qui était nouveau et exigeant».

Quarante et un ans après l’obtention de son diplôme, le jeune étudiant devenu homme d’affaires retrouvait ainsi son université, cette fois pour y recevoir un doctorat d’honneur.

«Si l’on m’avait dit à ce moment que cette université me ferait un jour l’honneur qu’elle me fait aujourd’hui, je ne l’aurais évidemment pas cru», a-t-il confié.

Dans son hommage, le doyen de la Faculté des sciences, Pr Armand Soldera, a souligné le parcours de l’ancien étudiant marocain et sa portée internationale.

«Bâtisseur de ponts entre l’Afrique et le monde, Moulay Hafid Elalamy incarne les valeurs mêmes défendues par l’Université de Sherbrooke: excellence, responsabilité sociale, innovation et engagement», a déclaré le doyen.

Pour Armand Soldera, le parcours de l’ancien diplômé illustre également «le pouvoir qu’une solide formation universitaire peut avoir sur le développement d’un pays tout entier et de son ouverture sur le monde».

«Je suis honoré de pouvoir vous rendre aujourd’hui ce bref hommage, M. Elalamy, vous qui avez traversé à nouveau l’océan pour revoir votre Alma Mater», a-t-il ajouté.

L’Université de Sherbrooke rappelle que Moulay Hafid Elalamy avait choisi, jeune adulte, de quitter son pays pour poursuivre ses études à la Faculté des sciences. Après l’obtention de son diplôme en informatique en 1985, il a d’abord fait carrière au Québec, dans les secteurs privé et gouvernemental, avant de retourner au Maroc et de s’investir dans son développement économique.

Il y a dirigé plusieurs entreprises et occupé différentes responsabilités au sein d’organisations internationales, notamment au conseil d’administration de la Chambre de commerce internationale. Son parcours comprend également un volet philanthropique, notamment à travers la Fondation Saham, active dans les domaines de l’éducation et de la santé.

«Personne ne réussit seul»

Dans son discours, Moulay Hafid Elalamy a tenu à rappeler que son parcours ne saurait être réduit à une trajectoire individuelle.

«J’ai appris très tôt que personne ne réussit seul», a-t-il affirmé, citant les professeurs qui l’ont formé à Sherbrooke, les employeurs québécois qui lui ont donné sa chance alors qu’il était étranger, ses collaborateurs ainsi que sa famille.

«C’est à eux tous que je dédie cet honneur», a-t-il déclaré.

L’ancien ministre a résumé son parcours autour de trois univers: «Le salariat, l’entrepreneuriat, puis le service de l’État». Trois expériences qui, selon lui, ont une exigence commune: la confiance.

«La confiance ne se décrète pas, elle se mérite, jour après jour, grâce à la cohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait», a-t-il souligné.

Et de rendre hommage à son ancienne université: «J’ai appris ici, à Sherbrooke, que seuls le sérieux et le travail permettent de gagner cette confiance.»

De retour au Maroc en 1988, Moulay Hafid Elalamy a progressivement construit un parcours entrepreneurial avant d’occuper des responsabilités publiques. Il a notamment présidé la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et dirigé le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie verte et numérique.

Dans son discours à Sherbrooke, il a évoqué le Maroc qu’il a retrouvé après ses années au Québec, un pays engagé, selon lui, dans «une profonde transformation, qui s’est accélérée sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI».

«J’ai eu la chance de diriger de grands groupes et de créer mon propre business, mais avoir contribué, sous le leadership de mon Roi, même modestement, au développement de mon pays, restera l’une de mes grandes fiertés», a-t-il déclaré.

S’adressant aux nouveaux diplômés, le nouveau docteur d’honneur a choisi de mettre l’accent sur l’apprentissage plutôt que sur le seul diplôme.

«Vous recevez aujourd’hui un diplôme. Mais ce que Sherbrooke vous a réellement donné est encore plus précieux: c’est votre façon de penser», leur a-t-il lancé.

«Le diplôme vieillira probablement; mais la méthode vous accompagnera toute votre vie et se bonifiera», a-t-il poursuivi, appelant les jeunes diplômés à «rester des apprenants».

L’ancien étudiant de la Faculté des sciences les a également invités à considérer les échecs comme une étape de l’apprentissage. «Nos échecs nous apprennent bien plus que nos réussites: faites-en une source de motivation», a-t-il conseillé.

Il a enfin insisté sur des qualités qui, selon lui, ne figurent sur aucun relevé de notes: «La parole tenue, l’écoute des autres et le courage de dire non quand on en est convaincu».

Et aux futurs dirigeants, il a adressé un dernier message: «Diriger, ce n’est pas seulement briller: c’est surtout faire évoluer ceux qui travailleront pour vous. C’est ce que l’on retiendra de vous.»

En quittant Sherbrooke, Moulay Hafid Elalamy a dit repartir «comme je suis retourné en 1988 dans mon pays: reconnaissant envers mon université».

Une manière de boucler une trajectoire commencée avec une valise à la main et une formation en informatique, et qui l’aura conduit, plus de quarante ans plus tard, à revenir dans son ancienne université pour y recevoir l’une de ses plus hautes distinctions honorifiques.

Par Wadie El Mouden
Le 22/09/2026 à 14h05