Quelques heures seulement après l’annonce par l’Association des Barreaux du Maroc (ABAM) de la poursuite de la grève ouverte entamée la semaine dernière, le Barreau de Casablanca a rompu les rangs en affichant son refus de cette décision. «Tout en réaffirmant son engagement envers l’exercice de la profession, l’instance casablancaise s’oppose à tout arrêt total d’activité, marquant ainsi une fracture majeure au sein de la profession», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 22 juin.
À l’issue d’une réunion extraordinaire de son conseil, le Barreau de Casablanca a officialisé sa position par un communiqué. L’instance maintient sa décision antérieure de ne pas adhérer au débrayage total dans son ressort territorial, tout en appelant au respect mutuel des choix et des positions des différents barreaux du Royaume.
Le Conseil de Casablanca a également décidé de maintenir ses sessions ouvertes afin de suivre de près l’évolution des débats autour du projet de loi au sein de la Chambre des conseillers. L’organisation se réserve le droit de prendre les mesures qu’elle jugera opportunes en fonction des avancées du processus législatif, tout en réaffirmant sa volonté indéfectible de défendre l’indépendance de la profession et ses acquis historiques.
«Cette position singulière du Barreau de Casablanca tranche radicalement avec la stratégie de l’Association des Barreaux du Maroc (ABAM). Lors de sa réunion de vendredi dernier à Rabat, l’ABAM avait en effet opté pour une escalade majeure, décrétant une suspension totale et continue de l’ensemble des services professionnels jusqu’à nouvel ordre», note Assabah.
De son côté, l’Association des Barreaux du Maroc dresse un bilan hautement positif de la semaine de protestation, saluant la mobilisation massive et le respect rigoureux du mot d’ordre par les avocates et les avocats à travers le pays. Pour l’organisation, ce taux de participation exceptionnel démontre la cohésion du corps professionnel et sa détermination à défendre la dignité et l’indépendance de la justice.
Toutefois, l’ABAM ne cache pas son inquiétude face à la trajectoire législative actuelle au sein du Parlement. Elle pointe vivement du doigt le ministre de la Justice, l’accusant de détourner le débat vers des questions jugées marginales au détriment des dossiers de fond, notamment l’immunité de l’avocat, l’indépendance du barreau et son auto-organisation.
L’association qualifie l’attitude du ministère de «contournement» des compromis et des accords préalablement conclus. Face à cette situation, elle appelle solennellement le Chef du gouvernement à intervenir directement pour garantir le respect de ces engagements. L’ABAM annonce que ses instances restent en état de mobilisation permanente et ouvertes à toutes les démarches nécessaires pour mener à bien les prochaines étapes de son action syndicale.




