Les missions étrangères au Maroc dans le viseur de Daach

DR

Revue de presseKiosque360. Une semaine après le déploiement du nouveau dispositif de vigilance, «Hadar», autour des sites névralgiques du royaume, Daach se manifeste à nouveau et menace de frapper les écoles des missions étrangères au Maroc.

Le 03/11/2014 à 13h33

Une nouvelle menace, une de plus, pèse sur le royaume. Après la menace d’Al Qaïda de s’attaquer aux pétroliers traversant les eaux du royaume, c’est au tour de Daach de lui emboîter le pas en visant cette fois les écoles des missions étrangères. L’alerte, lancée par les services australiens et relayée par Al Massae, dans son édition de ce lundi 3 novembre, intervient sept jours après la mise en place du plan «Hadar» visant à protéger les sites sensibles du royaume, dont les aéroports, les accès des institutions publiques et les lieux de concentration touristique. «Un rapport du renseignement australien, dévoilé par le quotidien Daily Mail, fait état de menaces directes visant les intérêts occidentaux dans plusieurs pays, dont le Maroc, la Tunisie, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite», rapporte Al Massae, en soulignant que cette nouvelle menace viserait principalement les employés des écoles des missions occidentales établies dans le royaume. «Cette nouvelle menace s’inscrit dans le cadre de la guerre de Daach contre les intérêts occidentaux, en particulier les pays engagés dans la campagne militaire internationale menée actuellement contre les régions sous contrôle de «l’Etat islamique» en Syrie et en Irak», relève le quotidien.

Le spectre de Daach rôde autour du royaume

«Ce n’est pas la première fois que le Maroc est nommément cité par les organisations terroristes», rappelle à juste titre le quotidien. Une fixation terroriste qui n’aurait d’égale que la farouche détermination du royaume à traquer l’hydre à deux têtes, Al Qaïda d’Ayman Dawihiri et «l’Etat» auto-déclaré «islamique» d’Abou Bakr Al Baghdadi. La première s’était manifestée dernièrement pour annoncer son intention de s’en prendre aux tankers traversant le Détroit de Gibraltar, dans le dessein de provoquer une nouvelle crise économique mondiale, alors que la deuxième, prêtant aujourd’hui le flanc aux intenses bombardements aériens de la Coalition anti-Daach, menace de s’attaquer aux personnels des écoles étrangères accréditées dans le royaume. Surgit alors cette question: si le Maroc cristallise aujourd’hui l’attention à la fois d’Al-Qaïda et de Daach, est-ce le fruit du hasard? «Le Maroc sait pertinemment que sa participation aux efforts antiterroristes internationaux ne sera pas sans conséquences», répond Al Massae, dans son cahier politique paraissant ce lundi 2 octobre sous ce titre révélateur : «Le Maroc fait face à une nouvelle génération de menaces terroristes?».

Hadar, la dissuasion par l’armée

«Nous traversons une étape extrêmement sensible, marquée par l’avènement d’une nouvelle génération de menaces terroristes», souligne ce spécialiste des questions sécuritaires, Mohamed Benhammou, dans une interview à Al Massae. Face à ces nouvelles menaces, il était nécessaire que les services marocains adaptent leur stratégie sécuritaire et améliorent leur capacité à prévenir les risques. D’où le Plan «Hadar», qui vient renforcer le dispositif de vigilance déjà en place depuis les ignobles attentats terroristes du 16 mai 2003. «La sortie des militaires hors de leurs casernes pour investir pour la première fois les lieux publics aux côtés des services de sécurité est dictée par l’émergence d’un nouvel élément préoccupant dans la stratégie des mouvements terroristes», analyse l’expert Benhammou. On est loin du classique mode opératoire se limitant aux seuls attentats à l’explosif, les terroristes ayant acquis ces derniers temps un véritable savoir-faire militaire. «Ayant bénéficié d’un encadrement militaire de haut niveau, ces terroristes forment actuellement une armée quasi-conventionnelle», certifie le spécialiste marocain. Le déploiement de l’armée intervient ainsi comme une réponse à ce nouveau danger. Certes, le Maroc n’est pas exposé à un «danger imminent», comme l’a dernièrement souligné le ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad. Mais il n’en demeure pas moins que cette projection de puissance s’impose. D’autant plus qu’elle a un rôle dissuasif et, du coup, participe de cette guerre préventive que le Maroc mène avec succès depuis les crapuleux attentats anti-Casablanca.

Par Ziad Alami
Le 03/11/2014 à 13h33