Khénifra: à cause d’une chikha, un conflit entre deux musiciens locaux atterrit devant la justice

Un véhicule de la Gendarmerie royale (Photo d'illustration).

Revue de presseLa brigade régionale de recherches judiciaires de la gendarmerie royale de Khénifra enquête depuis plusieurs jours sur une plainte introduite par un avocat du Barreau de Meknès. Ce dernier a agi au nom de son client, l’artiste Lahcen Lekhneyfri, qui accuse un autre musicien, et non moins concurrent, de l’avoir menacé de lui arracher toutes les dents et de lui couper la main. Une «chikha» serait la cause de ce désaccord. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 14/05/2026 à 20h26

Musicien de son état à Khénifra, Abdelaziz Ahouzar n’a pas du tout apprécié que la très sulfureuse Houda, une chikha locale de renom, ait quitté son groupe musical pour rejoindre celui de son concurrent, Lahcen Lekhneyfri. Dans son édition du vendredi 15 mai, le quotidien Assabah rapporte qu’alors que la mésentente couvait déjà entre les deux musiciens du Moyen Atlas, le choix de la chikha de rejoindre le «camp ennemi» a mis le feu aux poudres.

La transhumance opérée par la chikha entre les deux groupes concurrents est la cause directe du conflit qui se retrouve aujourd’hui entre les mains du parquet général de Khénifra.

Selon Assabah, Lahcen Lekhneyfri aurait reçu des menaces de la part de son concurrent, dont certaines seraient attestées par des enregistrements vocaux. Il aurait chargé un avocat du barreau de Meknès de déposer une plainte en son nom contre Ahouzar. Ce dernier est accusé d’avoir porté atteinte à la vie privée de Lahcen Lekhneyfri et aurait incité des sbires à aller lui arracher toutes ses dents et lui couper une main, afin qu’il dise adieu à son violon et à son répertoire de chansons populaires.

Lekhneyfri a précisé aux enquêteurs de la brigade régionale de la gendarmerie royale de Khénifra que les menaces qu’il a reçues provenaient directement du téléphone d’Ahouzar et que ce dernier a également utilisé, depuis El Hajeb, des pages Facebook pour le dénigrer à travers des publications relatives à sa vie privée. Pire encore, Ahouzar aurait récemment composé une chanson intitulée «Asserdoune, Asserdoune» (« le mulet » ou « le bardot »), contenant des propos blessants qui viseraient directement Lahcen Lekhneyfri. D’ailleurs, des critiques de la chanson amazighe du Moyen Atlas ont confirmé que la mise sur le marché de cette chanson visait directement Lekhneyfri, puisque sa photo a été associée à cette chanson polémique sur de nombreuses pages des réseaux sociaux, ce que l’intéressé a assimilé à des injures et à de la diffamation.

Lekhneyfri, que la chikha Houda a rejoint depuis près d’une année, a également défendu le droit de cette dernière d’aller se produire au sein du groupe de son choix. Pour rappel, la chikha polémique a fait les beaux jours du groupe d’Ahouzar, qui s’est produit dans de nombreux festivals locaux et internationaux. Avec l’éclatement de cette affaire, elle se serait éclipsée de la scène depuis plusieurs semaines.

Par La Rédaction
Le 14/05/2026 à 20h26