Inondations dans le Gharb: la région de Rabat-Salé-Kénitra lance un vaste plan de réhabilitation

Rachid El Abdi, président du Conseil de la région Rabat-Salé-Kénitra. (Y.Mannan/Le360)

Le 05/03/2026 à 19h37

VidéoÀ la suite des récentes inondations ayant frappé plusieurs localités du Gharb, le Conseil de la région Rabat-Salé-Kénitra a approuvé un important programme d’investissements destiné à soutenir la réhabilitation des infrastructures, des routes et des marchés. Son président, Rachid Abdi, détaille les projets et les enveloppes financières mobilisées pour accompagner les territoires touchés.

Lors de sa session ordinaire, le Conseil de la région Rabat-Salé-Kénitra a approuvé un important budget global destiné notamment à soutenir la région agricole du Gharb, récemment touchée par des inondations ayant affecté cultures et habitations. C’est ce qu’a indiqué, jeudi, son président Rachid Abdi.

Dans un entretien accordé à Le360, il explique que cette contribution financière vise à accélérer la réhabilitation de plusieurs zones affectées, notamment dans les villes de Sidi Slimane, Sidi Kacem ou encore dans certaines zones situées au nord de Kénitra.

Parmi les projets les plus importants adoptés lors de cette session figure la réhabilitation de la ville de Sidi Taïbi, située sur la route nationale N1 reliant Salé à Kénitra. Cette localité, selon plusieurs habitants, a longtemps été «délaissée», notamment en ce qui concerne l’entrée de la ville, le souk local ou encore certains quartiers.

Le président du conseil régional, également membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM), précise que pas moins de 85 millions de dirhams ont été consacrés à ce programme de réhabilitation.

La ville de Kénitra n’a pas été oubliée dans ce plan d’investissement. Le Conseil régional participera en effet au financement de l’élargissement de plusieurs ponts ferroviaires locaux, notamment ceux de Youssef Ibn Tachfine, de Mohammed V et du 2 Mars. Le projet prévoit également la construction d’un nouveau pont, baptisé Ibn Aâbed. Le coût global de ces investissements est estimé à environ 130 millions de dirhams.

Dans le même esprit, le conseil régional a également décidé de financer la reconstruction de plusieurs souks, ces marchés traditionnels qui constituent un maillon essentiel de l’économie locale. L’enveloppe prévisionnelle consacrée à ce programme est évaluée à près de 30 millions de dirhams.

Au-delà de ces projets d’urgence, Rachid Abdi a également évoqué la stratégie plus large de développement territorial engagée par la région. Celle-ci prévoit notamment la réhabilitation de 49 communes rurales, avec l’installation d’équipements adaptés et le renforcement des infrastructures de base.

Le responsable régional insiste également sur la nécessité de poursuivre la création de zones industrielles afin de stimuler l’activité économique. Il cite à cet égard la zone industrielle de Jouahara, près de Tiflet, dont la mise en place a, selon lui, déjà produit des résultats encourageants.

Enfin, Rachid Abdi a tenu à souligner l’attention particulière portée à la ville de Khémisset. Cette dernière fait l’objet d’un programme spécifique visant à moderniser ses infrastructures et ses équipements, souvent jugés vieillissants ou inadaptés aux besoins actuels.

À travers ces investissements, le Conseil de la région Rabat-Salé-Kénitra entend non seulement réparer les dégâts causés par les inondations dans le Gharb, mais aussi renforcer durablement les infrastructures et l’attractivité économique de plusieurs territoires longtemps restés en marge du développement régional.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 05/03/2026 à 19h37