Démantèlement d’un réseau spécialisé dans le détournement de dons de vêtements pour des organismes caritatifs

Des ballots de vêtements de seconde main en provenance d'Europe sont transportés par un manutentionnaire dans un entrepôt.

Revue de presseL’activité de la friperie au Maroc est actuellement inondée par des tonnes de vêtements usagés, collectés en Europe pour être acheminés à destination d’organismes caritatifs. Cette pratique serait très rentable, puisque les marchandises sont collectées gratuitement, pour être redirigées vers le Maroc sans que des taxes douanières ne soient versées. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 03/06/2026 à 19h06

Les services de la brigade nationale, relevant de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), viennent d’effectuer une descente dans trois entrepôts situés dans la région de Casablanca-Settat. Lors de cette perquisition, ils ont procédé à la saisie de plusieurs lots de vêtements usagés qui étaient destinés à des organismes caritatifs, de même que d’autres articles de contrebande. D’après des sources interrogées par Assabah de ce jeudi 4 juin, «l’intervention des services compétents de l’ADII était effectuée sur la base des données qui leur ont été communiquées par leurs homologues européens».

Ces informations font état d’implication de certains membres d’ONG en France, en Italie et en Espagne, impliqués dans des affaires de trafic lié à des vêtements usagés collectés dans des pays européens, et destinés à des populations défavorisées et précaires dans différents pays africains, précisent les sources du quotidien. Selon Assabah, il s’agit «d’un réseau composé de dizaines de personnes qui procèdent à la collecte des vêtements usagés au nom d’associations de différents pays européens».

Les sources du quotidien précisent que «ces lots de vêtements usagés sont ensuite emballés et acheminés vers le Maroc, où des individus manipulent les lois en vigueur pour fructifier tout un commerce de friperie», ajoutant que «des tonnes de vêtements neufs et d’autres articles sont dissimulées dans les lots de friperie pour échapper aux contrôles des douanes et leurs taxes». Dès que l’étape du passage par la Douane est franchie, selon Assabah, «les lots qui étaient destinés aux maisons de bienfaisance finissent après le tri dans des magasins spécialisés dans le marché de la friperie». Une pratique très rentable, expliquent les sources d’Assabah, puisque les marchandises sont collectées gratuitement et acheminées vers le pays sans que des taxes douanières ne soient versées. Dans cette activité, en effet, expliquent les sources du quotidien, «les marges peuvent être énormes et concurrencer déloyalement d’autres commerces structurés».

Par La Rédaction
Le 03/06/2026 à 19h06