La mort d’Abderrahim Fakir, ressortissant marocain de 42 ans, lors de son interpellation par la police à Bologne, est à l’origine d’une vive indignation parmi les membres de la communauté marocaine et des organisations de défense des droits humains en Italie. Les faits, survenus dimanche dernier, ont rapidement provoqué de violentes réactions suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux et dans les médias italiens, d’une séquence vidéo montrant les circonstances de son arrestation, écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 22 juillet.
Sur les images, deux agents de police plaquent l’homme au sol sur le ventre et s’agenouillent sur son dos pour le menotter. Malgré ses appels à l’aide répétés et ses cris indiquant ses difficultés respiratoires et cardiaques, le maintien de cette contrainte physique s’est poursuivi devant les secouristes présents. La victime a perdu connaissance peu après, avant que son décès ne soit constaté. Les forces de l’ordre ont évoqué une crise nerveuse pour justifier la brutalité de l’intervention, une explication vivement contestée par la famille de la victime et plusieurs figures politiques.
Ce drame a provoqué des manifestations à Bologne, où des rassemblements ont eu lieu pour que justice soit faite et que les faits soient établis. Des comparaisons ont été émises sur cette intervention, similaires de l’avis de certains, aux méthodes décriées de certaines unités policières internationales. La sœur du défunt, ainsi que plusieurs avocats, ont exprimé leur désarroi face à la brutalité des méthodes employées, tandis que le parquet de Bologne a immédiatement ouvert une enquête judiciaire et ordonné la saisie des enregistrements des caméras piétons des agents impliqués, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
Les leaders des différents partis politiques du pays se sont montrés divisés à propos de cette affaire. D’un côté, les responsables du gouvernement et de la majorité de droite défendent le professionnalisme des forces de l’ordre, mais des parlementaires élus de l’opposition et des défenseurs des droits civiques dénoncent un climat d’impunité et des méthodes disproportionnées, appelant à des réformes structurelles dans l’encadrement des interventions policières.
Dans un communiqué, l’ambassade du Royaume du Maroc en Italie a déclaré avoir suivi cette affaire avec une attention maximale dès les premiers instants. Les services consulaires ont été chargés d’apporter un soutien moral et une assistance juridique à la famille du défunt. Cette représentation diplomatique a également établi un contact permanent avec les autorités judiciaires italiennes, réaffirmant sa confiance dans la justice locale, pour que les faits à l’origine de ce drame soient établis en toute transparence et toute neutralité.




