L’ambassade du Maroc en Italie suit avec attention l’affaire du décès du ressortissant marocain Abderrahim Fakir

Capture d'écran d'une vidéo de l'arrestation musclée ayant entrainé la mort de Fakir Abderrahim, filmée par un riverain.

L’ambassade du Royaume du Maroc en Italie a indiqué, lundi, suivre, «depuis les premiers instants et avec la plus grande attention et une profonde préoccupation», les développements de la tragique affaire ayant coûté la vie au ressortissant marocain Abderrahim Fakir.

Le 20/07/2026 à 20h13

Dès le début, des instructions ont été données au consulat général du Maroc territorialement compétent afin qu’il apporte à la famille de Fakir Abderrahim, 42 ans, tout le soutien moral nécessaire ainsi que l’assistance consulaire requise dans des circonstances d’une telle gravité, a affirmé dans un communiqué l’ambassadeur du Maroc en Italie.

Il a également été demandé au consulat général de maintenir un contact permanent avec les autorités judiciaires italiennes chargées de l’enquête, dans le plein respect des conventions internationales applicables et des procédures prévues par l’ordre juridique italien.

«L’intérêt de tous est que toute la lumière soit faite sur ce drame, en établissant avec rigueur, impartialité et transparence l’ensemble des circonstances des faits», relève le diplomate, tout en renouvelant la «pleine confiance» de l’ambassade dans le système judiciaire italien.

«Nous sommes convaincus que les investigations en cours permettront d’établir toute la vérité sur les circonstances de ce drame», a-t-il souligné.

En ces circonstances particulièrement douloureuses, il a tenu à exprimer, au nom de l’ambassade du Maroc, ses plus sincères condoléances ainsi que sa profonde compassion et son entière solidarité à la famille de la victime.

«Une intervention disproportionnée», selon ses proches

À noter qu’une enquête a été ouverte lundi après la mort d’Abderrahim Fakir, plaqué au sol par deux policiers lors de son arrestation dimanche à Bologne, dans le nord du pays.

Des extraits d’une vidéo tournée par un riverain et largement partagée par les médias italiens montrent la victime, arrivée en Italie à l’âge de cinq ans, subir un plaquage ventral plusieurs minutes durant. «A l’aide, à l’aide !» lance à plusieurs reprises Abderrahim Fakir tandis que les deux policiers l’immobilisent au sol, sous le regard de deux hommes en tenues d’ambulanciers. La victime, gémissante, apparaît ensuite inerte, visage contre l’asphalte, pendant que les policiers lui lient pieds et poings. L’un d’eux finit par lui taper sur l’épaule pour vérifier s’il est toujours conscient.

Les images des caméras d’intervention des deux policiers ont été mises à la disposition de la justice, a indiqué la préfecture de police de Bologne dans un communiqué. Elle a précisé que les agents étaient intervenus après que des riverains eurent signalé un homme en proie à une violente colère.

«On ne peut pas mourir comme ça!» a dénoncé Khadija Fakir, la sœur de la victime. «La police doit nous protéger (...) Si quelqu’un est agité, il faut le calmer, pas le tuer comme un chien», a-t-elle lancé, la voix empreinte de colère, dans une vidéo.

Le maire de centre-gauche de Bologne, Matteo Lepore, a appelé à «faire toute la lumière» sur ces évènements et a appelé à un rassemblement lundi dans le centre-ville, auquel ont participé plusieurs centaines de personnes selon les médias.

Abderrahim Fakir était une personne très aimable, instruite et respectueuse, a déclaré à l’agence Ansa Barbara Spinelli, une avocate qui l’avait assisté l’année dernière pour une demande de renouvellement de permis de séjour. Bien que résidant et travaillant légalement en Italie, il craignait d’être expulsé.

Par Le360 (avec MAP)
Le 20/07/2026 à 20h13