L’ambassadeur du Maroc en Italie appelle à faire toute la lumière sur le décès de Abderrahim Fakir dans le respect de la justice

Capture d'écran d'une vidéo filmée par un riverain.

L’ambassadeur du Maroc à Rome, Youssef Balla, a appelé, mardi, à faire toute la lumière sur le décès du ressortissant marocain Abderrahim Fakir dans le strict respect de la vérité, de la justice et de la dignité humaine.

Le 21/07/2026 à 15h57

L’ambassadeur du Maroc à Rome, Youssef Balla, a également exhorté, dans un communiqué, l’ensemble de la communauté marocaine résidant en Italie à demeurer unie, responsable et vigilante, l’invitant à ne pas céder aux provocations ni aux tentatives d’instrumentalisation de cette douloureuse tragédie, ainsi qu’à exprimer sa douleur, aux côtés de ses amis italiens, dans un esprit de dignité, de sérénité et dans le plein respect de l’ordre public.

Le diplomate marocain a exprimé aussi sa profonde gratitude pour les nombreux messages de solidarité, de compassion et de soutien adressés par de larges composantes de la société civile italienne ainsi que par de nombreux citoyens, à la suite du drame survenu le 19 juillet à Bologne, au cours duquel le ressortissant marocain Abderrahim Fakir a perdu la vie lors d’une intervention des forces de l’ordre.

L’ambassadeur a, de même, fait part de son regret face à certaines déclarations et prises de position publiques ayant anticipé les conclusions de l’enquête judiciaire, soulignant que de telles attitudes ne reflètent ni les valeurs du vivre-ensemble, ni l’image de l’Italie en tant que modèle reconnu d’intégration.

L’ambassadeur a enfin réaffirmé son plein respect à l’égard des institutions judiciaires italiennes, rappelant que seule l’autorité judiciaire est compétente pour établir les éventuelles responsabilités, qu’il s’agisse de la conformité de l’intervention des forces de l’ordre aux dispositions réglementaires en vigueur, d’éventuelles omissions, ou encore d’actes commis par des personnes dépourvues de toute autorité.

«Une intervention disproportionnée», selon ses proches

À noter qu’une enquête a été ouverte lundi après la mort de Abderrahim Fakir, plaqué au sol par deux policiers lors de son arrestation dimanche à Bologne, dans le nord du pays.

Des extraits d’une vidéo tournée par un riverain et largement partagée par les médias italiens montrent la victime, arrivée en Italie à l’âge de cinq ans, subir un plaquage ventral plusieurs minutes durant. «À l’aide, à l’aide!» lance à plusieurs reprises Abderrahim Fakir tandis que les deux policiers l’immobilisent au sol, sous le regard de deux hommes en tenues d’ambulanciers. La victime, gémissante, apparaît ensuite inerte, visage contre l’asphalte, pendant que les policiers lui lient pieds et poings. L’un d’eux finit par lui taper sur l’épaule pour vérifier s’il est toujours conscient.

Les images des caméras d’intervention des deux policiers ont été mises à la disposition de la justice, a indiqué la préfecture de police de Bologne dans un communiqué. Elle a précisé que les agents étaient intervenus après que des riverains eurent signalé un homme en proie à une violente colère.

«On ne peut pas mourir comme ça!» a dénoncé Khadija Fakir, la sœur de la victime. «La police doit nous protéger (...) Si quelqu’un est agité, il faut le calmer, pas le tuer comme un chien», a-t-elle lancé, la voix empreinte de colère, dans une vidéo.

Le maire de centre-gauche de Bologne, Matteo Lepore, a appelé à «faire toute la lumière» sur ces évènements et a appelé à un rassemblement lundi dans le centre-ville, auquel ont participé plusieurs centaines de personnes selon les médias.

Abderrahim Fakir était une personne très aimable, instruite et respectueuse, a déclaré à l’agence Ansa Barbara Spinelli, une avocate qui l’avait assisté l’année dernière pour une demande de renouvellement de permis de séjour. Bien que résidant et travaillant légalement en Italie, il craignait d’être expulsé.

Par Le360 (avec MAP)
Le 21/07/2026 à 15h57