Blanchiment d’argent: les agences de change sous haute surveillance

Un bureau de change de devises, à Rabat.. DR

Revue de presseDes inspections approfondies menées à Marrakech, Casablanca, Tanger et Agadir ont révélé de graves manquements à la réglementation anti-blanchiment au sein de plusieurs établissements de change. Transactions anonymes, coupures volontaires des plateformes de traçabilité et soupçons d’activités parallèles illégales, les autorités de contrôle s’apprêtent à sévir fermement. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 09/06/2026 à 19h28

L’Office des changes a soumis les registres de sociétés spécialisées dans le transfert et le change de devises à Casablanca, Agadir, Marrakech et Tanger à un examen approfondi, afin de vérifier la régularité des opérations effectuées et le respect des mesures préventives en vigueur dans ce secteur. Les autorités de contrôle ont réuni des données faisant état de dysfonctionnements dans différents bureaux de change, indique Assabah de ce mercredi 10 juin. Des constats qui ont enjoint l’administration centrale à dépêcher des commissions d’inspection à Marrakech pour auditer les documents de trois établissements de change manuel, une démarche qui devrait être suivie par d’autres visites à Casablanca, Agadir et Tanger.

Les investigations ont révélé des infractions majeures impliquant le propriétaire d’une société de change à Marrakech, révèle Assabah. Celui-ci aurait réalisé des opérations de change sans appliquer les mesures de vigilance requises par la réglementation sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Des violations qui portent notamment sur le non-respect des exigences techniques liées à l’utilisation obligatoire de la plateforme d’échange d’informations de l’Office de change, un outil conçu pour permettre aux contrôleurs de suivre les transactions en temps réel.

Les inspecteurs ont également relevé des périodes d’interruption volontaire de ce suivi continu, ce qui empêchait la vérification systématique de l’identité des personnes effectuant des opérations de change de devises contre des dirhams, ou inversement, constituant ainsi une violation flagrante des règles sectorielles. Par ailleurs, le propriétaire de cet établissement qui a été audité n’a pas été en mesure d’informer les contrôleurs de l’identité des donneurs d’ordre pour plusieurs transactions, ce qui implique que ces opérations ont été menées en dehors du cadre légal.

Les rapports soulignent en outre l’existence de réseaux se livrant à des faits de spéculation sur les devises contre des dirhams, en ayant recours à certains bureaux de change pour transférer des fonds importants, ou lorsqu’il s’avère que les données fournies sont fictives, des pratiques qui auraient dû faire l’objet d’une déclaration de soupçon auprès de l’Unité de traitement du renseignement financier.

L’Office des changes a déjà retiré leur agrément à certaines entreprises qui ont commis des infractions similaires, et il est fort probable que les autorités de contrôle prennent des mesures disciplinaires strictes à l’encontre des entreprises impliquées dans ces nouveaux manquements, allant jusqu’au retrait définitif des licences, signale le quotidien. Les investigations actuellement menées portent sur la vérification des données reçues par les contrôleurs de l’Office des changes, qui indiquent que certaines de ces entreprises, à Tanger et à Casablanca, exercent des activités parallèles à leur profession, alors que la législation en vigueur interdit formellement aux acteurs de ce secteur de cumuler leur activité avec d’autres métiers.

Par La Rédaction
Le 09/06/2026 à 19h28