Une vive polémique entoure l’attribution d’un marché public d’un montant dépassant les dix millions de dirhams, lancé par la Société nationale des autoroutes du Maroc pour la réalisation de travaux d’installation de canopées et de structures de couverture sur les stations de péage de l’autoroute côtière reliant Rabat à Casablanca. «Ce projet d’envergure, estimé à près de 106,7 millions de dirhams, suscite de nombreuses interrogations dans les cercles économiques et professionnels quant à la pertinence des investissements programmés et aux critères d’attribution retenus», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du mardi 6 octobre.
Selon les détails de l’appel d’offres international ouvert n° S80/26, cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme prévisionnel de l’entreprise publique pour l’exercice 2026. Le contrat englobe à la fois la phase d’études techniques et l’exécution effective des chantiers de construction destinés à abriter les infrastructures de péage sur l’axe stratégique reliant les deux principales métropoles administratives et économiques du Royaume.
La société émettrice a fixé le coût prévisionnel de cette opération à environ 106 millions de dirhams. «Elle exige également des soumissionnaires une caution provisoire d’un million de dirhams», précise Al Akhbar. Les responsables justifient cette initiative par la nécessité d’améliorer la qualité des services offerts aux usagers et de moderniser les équipements des axes autoroutiers les plus fréquentés du pays, qui supportent un trafic routier particulièrement dense.
Toutefois, l’enveloppe financière substantielle allouée à ce marché suscite des réserves quant à la proportionnalité entre le coût global engagé et la nature réelle des prestations requises, qui se limitent pour l’essentiel à des structures de couverture. Des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence et d’explications sur la ventilation de ce budget et sur l’adéquation des spécifications techniques exigées avec les réalités du terrain.
Les conditions de participation à cet appel d’offres imposent des critères rigoureux, exigeant notamment des candidats résidant au Maroc qu’ils fournissent un certificat d’habilitation délivré par le ministère de l’Équipement et de l’Eau et qu’ils disposent de classifications spécifiques dans les secteurs de la charpente en bois, de la menuiserie et des structures métalliques. Le cahier des charges stipule en outre la dématérialisation totale des procédures à travers le portail électronique de l’entreprise et interdit le dépôt de dossiers physiques.
En attendant l’ouverture officielle des plis et la désignation de l’attributaire final de ce marché public, les observateurs continuent de scruter de près le déroulement de cette procédure. L’enjeu réside dans la capacité de la Société nationale des autoroutes du Maroc à garantir une gestion rigoureuse des deniers publics tout en répondant aux attentes légitimes d’efficacité, de durabilité et de sécurité exprimées par les millions d’automobilistes qui empruntent quotidiennement cet axe vital.




