Vers un basculement historique: Moscou prêt à soutenir le plan marocain d’autonomie au Conseil de sécurité

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Revue de presseDans un geste diplomatique d’une portée considérable, la Russie a officiellement exprimé son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara. Cette déclaration, émanant du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, marque une inflexion majeure dans la position historique de Moscou et pourrait reconfigurer les équilibres géopolitiques dans la région. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 14/10/2025 à 17h59

Dans un tournant notable, la Fédération de Russie a annoncé, via son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara. Cette prise de position indique que Moscou se déclare prêt à appuyer la proposition du Royaume pour mettre un terme à ce conflit artificiel, rapporte Al Ahdath Al Maghribia dans son édition de ce mercredi 15 octobre,

Bien que formulée avec une certaine prudence diplomatique, cette reconnaissance conditionnelle a constitué un véritable électrochoc pour l’Algérie et sa créature polisarienne. Il s’agit, en effet, de la première fois que la Russie exprime son acquiescement à la solution d’autonomie, rejoignant ainsi les trois autres membres permanents du Conseil de sécurité –les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne– qui y sont déjà favorables.

De nombreux analystes perçoivent la déclaration de Lavrov comme un revirement radical de la position russe, traditionnellement alignée sur celle d’Alger.

Le ministre a justifié ce changement en soulignant que la question du Sahara, après près d’un demi-siècle d’impasse, avait connu une «évolution ultérieure». Il a estimé que la proposition marocaine pourrait constituer une «solution, tant qu’elle est retenue par les Nations Unies et qu’elle est conforme à ses décisions», ajoutant avec pragmatisme: «Si elle est acceptée par tout le monde, elle le sera pour nous aussi».

Si cette annonce a surpris, elle n’en était pas moins prévisible au regard des récents développements. Un entretien téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue russe avait pavé la voie, évoquant un approfondissement du partenariat stratégique bilatéral et un élargissement de l’accord de pêche aux eaux des provinces du sud du Royaume. Cette évolution avait été anticipée par l’Institut de recherche sur les migrations internationales, qui prévoyait, dans un rapport de juin 2025, un rapprochement de la Russie et de la Chine vers le plan marocain.

Cette projection s’appuyait sur la mutation des intérêts économiques et stratégiques, le Maroc s’étant imposé comme un pôle d’attraction international, notamment grâce à sa détention de 70% des réserves mondiales de phosphate, un minerai crucial pour les énergies propres. En amont de cette déclaration, Moscou avait multiplié les signaux de son changement de posture, relaie Al Ahdath Al Maghribia.

La Russie s’était déjà rangée aux côtés du Maroc au conseil de sécurité en votant contre une proposition algérienne visant à élargir le mandat de la MINURSO au monitoring des droits de l’homme. Le Kremlin avait également infligé un camouflet à Alger en refusant la participation du Polisario au sommet du partenariat Russie-Afrique à Sotchi.

Les relations entre les deux pays s’étaient encore dégradées après des critiques algériennes inédites concernant le rôle du groupe russe Wagner au Mali, avant d’atteindre un point culminant lorsque la Russie s’est jointe aux membres des BRICS pour rejeter la candidature de l’Algérie.

Par Hassan Benadad
Le 14/10/2025 à 17h59