Un membre de la jeunesse PJD appelle, sur Facebook, au meurtre des adversaires de son parti

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Revue de presseKiosque360. Un membre de la jeunesse du PJD a été jusqu'à déclarer, sur son mur Facebook, que tous ceux qui critiquaient son parti devaient être exécutés sans pitié.

Le 24/07/2016 à 20h49

Fait aussi inédit qu'inquiétant. Un membre de la jeunesse du PJD a appelé à exécuter tous ceux qui sont contre son parti, parti qui dirige l’actuel gouvernement. Le quotidien Al Akhbar, qui rapporte l’information dans son édition du lundi 25 juillet, parle d’une incitation au meurtre, d'une initiative dangereuse, sévèrement punie par la loi.

Omar Senhaji, un étudiant originaire de Fès, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a ainsi écrit, en substance, sur le mur de son compte Facebook: «Ceux qui écrivent des futilités et croient, ce faisant, que cela les distinguera au sein de la société et leur procurera de l’estime, méritent d’être tués sans pitié. Et que leurs têtes soient séparées de leurs corps et exhibées sur la place publique pour que cela serve de leçon et terrorise tous ceux qui penseront à faire de même».

Le journal estime qu'il s'agit là d'un appel clair et sans équivoque au meurtre de tous ceux qui sont contre le PJD et critiquent son action au gouvernement. Cet appel a suscité l’indignation, sur les réseaux sociaux, de nombre d'activistes estimant que cet appel du jeune militant du PJD, qui travaille comme permanent dans l’une des antennes du parti à Rabat pour un salaire de 2.000 DH et poursuit en même temps ses études à l’Université Mohammed V, rappelle les méthodes de Daech. Suite à ces réactions, le jeune militant, ancien membre de l’organisation du renouveau estudiantin, l’une des organisations parallèles du PJD et faisant actuellement partie des «brigades électroniques» du parti de la Lampe, s’est empressé d’effacer sa publication, qui ne figue plus sur son mur Facebook. Il affirme avoir été mis en garde quant à la gravité de ses propos par de nombreux militants de son parti, qui l’ont d’ailleurs incité à les supprimer sans plus attendre.

Pour sa défense, Omar Senhaji affirme avoir tenté de faire de l'humour en s'inspirant d'un auteur égyptien qui avait rédigé, en 2014, une déclaration similaire pour tourner en dérision les spécialistes du coaching et du développement personnel. Lesquels écrivaient n’importe quoi sur les réseaux sociaux.

Cela dit, et selon un juriste cité par le journal, le «post» de Senhaji peut être considéré comme «un appel au meurtre» et une «apologie d’actes relevant du terrorisme», délits sanctionnés par le code pénal art.218-2.Selon cet article, «est puni d'un emprisonnement de 2 à 6 ans et d'une amende de 10.000 à 200.000 dirhams, quiconque fait l'apologie d'actes constituant des infractions relevant du terrorisme par les discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou les réunions publics ou par des écrits, des imprimés vendus, distribués ou exposés dans les lieux ou réunions publics, que ce soit par des affiches exposées aux regards ou par les différents moyens d'information audio-visuels et électroniques».

Aussi, estime cet avocat du barreau de Fès cité par Al Akhbar, le ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid, est-il appelé à saisir le Parquet pour ordonner l'ouverture d'une enquête dans les plus brefs délais. Que ce jeune irresponsable, poursuit-il, réponde devant la justice de cet appel au meurtre et au terrorisme dont il est l’auteur. Car ce genre d’agissements est, conclut-il, contraire à la loi et étranger à notre société et à ses valeurs.

Par Amyne Asmlal
Le 24/07/2016 à 20h49