À l’approche des échéances électorales, le paysage politique marocain se trouve une nouvelle fois secoué par le phénomène de la transhumance partisane. C’est l’Union Constitutionnelle, le parti au symbole du cheval, qui subit de plein fouet une vague de démissions retentissantes au profit, notamment, du Mouvement Populaire, représenté par l’épi. «Cette saignée, qui touche particulièrement les figures notables et les cadres dirigeants de la formation politique, suscite de vives inquiétudes au sein de l’état-major de l’Union Constitutionnelle quant à l’affaiblissement irrémédiable de son ancrage territorial», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du lundi 27 juillet.
Au cœur de cette tempête, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma apparaît comme l’épicentre de la crise. Le départ confirmé de Mohamed Zmouri, député de la circonscription de Tanger-Assilah, après l’obtention de l’investiture officielle des mains de Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement Populaire, constitue un coup dur. Il est immédiatement suivi par la défection d’Abdelaziz El Ouadki, parlementaire de la circonscription de Larache, un bastion historique du parti du cheval qui bascule ainsi dans le giron du Mouvement Populaire. Ces départs en chaîne risquent de provoquer un vide organisationnel sans précédent dans le Nord, sur fond de tensions et de vives contestations face aux choix stratégiques imposés par Mohamed Joudar, actuel secrétaire général de l’Union Constitutionnelle.
Le mécontentement ne se limite pas aux instances régionales du Nord. L’hémorragie gagne progressivement le bureau politique et touche plusieurs autres provinces du Royaume, illustrant un malaise généralisé face au gel organisationnel reproché à la direction actuelle. Certains observateurs et des sources médiatiques locales qualifient ce mouvement de véritable offensive ciblée, profitant de la fragilité interne de la formation pour débaucher ses figures de proue. «Les destinations des dissidents varient selon les opportunités d’investiture offertes par les partis concurrents, révélant une quête pragmatique de repositionnement électoral», écrit Assabah.
Ainsi, dans la province de Taza, Mohamed Amghar, ancien parlementaire et président de la commune de Tahla, a fait le choix de rejoindre le Parti Authenticité et Modernité. Cette décision scelle la fin de toute présence organisationnelle de l’Union Constitutionnelle dans la région, déclenchant une vague de protestations locales qui s’accompagne de dizaines de démissions supplémentaires. Dans la circonscription d’El Kelaâ des Sraghna, Ahmed Ettoumi, membre du bureau politique et président de la commune de Sidi Aïssa Ben Slimane, a obtenu son investiture sous les couleurs de l’Union Socialiste des Forces Populaires, directement accordée par Driss Lachgar.
De son côté, Abdelkrim Amine, député de la province de Sidi Bennour et président de la commune d’Oulad Amrane, se présentera sous la bannière du Parti Authenticité et Modernité. Enfin, Tariq Etteoukart, également membre du bureau politique de l’Union Constitutionnelle, s’apprête à emboîter le pas à son père, Brahim Etteoukart, en rejoignant les rangs du Mouvement Populaire. «Alors que des rumeurs persistent au sujet d’autres contacts en cours entre des cadres de l’Union Constitutionnelle et diverses forces politiques, la crise semble loin d’être enrayée, redessinant de manière spectaculaire la carte des alliances à la veille du scrutin», ajoute Assabah.




