«Une délégation, la seule parmi les nombreuses délégations qui ont pris la parole devant le Conseil lors de ce débat, a mentionné la composante des droits de l’Homme et a essayé de la lier à la MINURSO», a souligné d’emblée Majda Moutchou, représentante permanente adjointe du Maroc auprès des Nations unies, en riposte à l’intervention de l’ambassadeur algérien lors d’un débat public du Conseil de sécurité sur le renforcement de la capacité d’adaptation des opérations de paix de l’ONU, tenu le lundi 24 mars.
La diplomate a relevé que la délégation marocaine a été surprise et étonnée par cette intervention qui «reflète une masterclass en manipulation politique sélective», notant que l’ambassadeur algérien «a soudainement retrouvé une passion nouvelle pour les droits de l’Homme et le droit international».
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Majda Moutchou a indiqué que le mandat de la MINURSO, établi par le Conseil de sécurité pour superviser le cessez-le-feu, est on ne peut plus clair, et que «toute tentative de la délégation algérienne de déformer son rôle est soit mal informée, soit délibérément trompeuse», ajoutant que contrairement à ce qui a été suggéré, 7 opérations de paix de l’ONU sur 11 ne disposent pas de mandat de surveillance des droits humains. «Nous nous demandons pourquoi la délégation algérienne, faisant preuve d’un deux poids, deux mesures flagrant et sélectif, se concentre uniquement sur la MINURSO et ferme les yeux sur les autres opérations de maintien de la paix», s’est-elle interrogée.
Et de poursuivre que le Conseil de sécurité attribue ces mandats en fonction de la situation spécifique sur le terrain. «Il ne s’agit ni d’une règle systématique ni d’une exception. Il s’agit d’une décision prise au cas par cas (...) De plus, malgré les tentatives persistantes et désespérées de cette même délégation, en octobre 2024, le Conseil de sécurité a rejeté en bloc l’inclusion d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme dans le mandat de la MINURSO. Ce rejet n’était pas accidentel: il réaffirmait que la situation des droits de l’Homme au Sahara marocain ne nécessite pas un tel mécanisme», a-t-elle souligné.
Le Maroc et les droits de l’Homme: un engagement qui ne faiblit pas
Toujours en réponse à la déclaration de l’ambassadeur algérien qui «semble si profondément préoccupé» par les droits de l’Homme, la représentante permanente adjointe du Maroc à l’ONU l’a interpellé sur une «question bien plus urgente: les camps de Tindouf, situés sur le territoire algérien, où la population vit sous une oppression quotidienne, privée de ses droits fondamentaux et soumise à de sévères restrictions de mouvement et des violations flagrantes du droit international».
Elle a à l’opposé fait observer que le Maroc a toujours démontré son engagement indéfectible en faveur de la promotion des droits de l’Homme et du respect des droits et libertés fondamentaux de tous les individus, ajoutant que le Royaume a constamment collaboré avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.
Le Maroc a également accueilli plusieurs visites d’experts de l’ONU et coopéré de manière constructive afin de favoriser la transparence, le dialogue et le progrès, a-t-elle ajouté, précisant que les efforts du Royaume en matière de promotion des droits de l’Homme ne se limitent pas à des paroles, mais se traduisent par des actions concrètes.
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En réponse à la mention par l’ambassadeur algérien du «droit à l’autodétermination», la diplomate marocaine a soulevé une «contradiction troublante», expliquant que, pour l’Algérie, l’autodétermination «est un concept sélectif utilisé comme arme politique contre l’intégrité territoriale du Maroc, et pourtant commodément ignoré lorsqu’il s’agit des aspirations légitimes d’autres peuples, qui vivent encore sous occupation et oppression étrangères».
«L’ONU doit prêter attention à toutes ces aspirations, sans exception ni sélectivité, y compris sur le territoire des États qui prônent l’autodétermination pour les autres, tout en la refusant systématiquement aux peuples opprimés sur leur propre territoire», a-t-elle asséné, soulignant que «le droit à l’autodétermination n’est pas une carte jouée par commodité».
Et la diplomate de conclure en rappelant que «le Sahara a toujours fait partie intégrante du Maroc. Il est Marocain et le restera à jamais. Il ne s’agit pas d’une revendication fondée sur des événements récents, mais du reflet de siècles de liens historiques, culturels et géographiques».
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