Rabat-Tel-Aviv: quand l’exception marocaine se met au service de la question palestinienne

Les drapeaux du Maroc et d'Israël. . DR

Avec la visite au Maroc, ce mardi 22 décembre, d’une délégation américano-israélienne, une nouvelle page s’ouvre dans les relations entre Rabat et Tel-Aviv. La spécificité marocaine offre de belles opportunités sur la voie d’un règlement définitif du conflit israélo-palestinien.

Le 22/12/2020 à 20h43

Une délégation américano-israélienne de haut niveau est arrivée, mardi après-midi, à l’aéroport de Rabat-Salé, pour une visite au Maroc.

La délégation américano-israélienne est conduite par le conseiller principal du président américain Donald Trump, Jared Kushner, et le Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Meier Ben Shabbat.

Cette visite s’inscrit dans le prolongement des décisions annoncées le 10 décembre dernier, suite à un entretien téléphonique entre le roi Mohammed VI et le président américain Donald Trump, au cours duquel le Souverain a évoqué les positions constantes du Maroc au sujet de la question palestinienne.

La position du Maroc à l’égard du conflit israelo-palestinien s’appuie sur trois principes fondamentaux, à savoir une solution fondée sur deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, la négociation entre les deux parties concernées en tant que seule voie devant mener vers un règlement définitif de ce conflit et, enfin, la préservation du cachet arabo-islamique de la ville sainte d’Al-Quds.

Trois grandes mesures marqueront le rétablissement des relations entre le Maroc et Israël. Un, l’autorisation de vols directs pour le transport des membres de la communauté juive marocaine et des touristes israéliens en provenance et à destination du Maroc. Deux, la reprise des contacts officiels et des relations diplomatiques dans les meilleurs délais. Trois, la promotion des relations dans les domaines économiques et technologiques, avec la réouverture des bureaux de liaison dans les deux pays.

La position en faveur d’une solution fondée sur deux Etats admet implicitement une reconnaissance des deux Etats et ce, dans le cadre d’une vision cohérente qui, ne datant pas d’aujourd’hui, trouve sa première articulation dans les années 1990 avec l’ouverture d’un bureau de liaison israélien à Rabat et un autre, marocain, à Tel-Aviv.

Les outils qu’offrent notamment les bureaux de liaison, ainsi que la diaspora marocaine vivant en Israël et ailleurs, ont été mis à contribution par le Maroc depuis les années 1970 au service de la paix dans la région du Proche-Orient. Ce sont là des marques distinctives de l’approche marocaine qui ont permis au Royaume d’avoir l’apanage de canaux de communication entre Israéliens et Palestiniens.

Cette spécificité marocaine trouve son expression dans la Constitution du Royaume qui puise sa force de l’institution de la Commanderie des croyants et illustre les riches facettes de l’universalité du modèle marocain, consacrée par la Loi fondamentale qui stipule que l’identité nationale est une et indivisible, et en insistant que cette «unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen».

Les liens distingués unissant la diaspora marocaine en Israël au roi Mohammed VI sont ancrés dans une histoire spécifique propre au modèle marocain dans tout ce qu’il a d’inclusif et d’universel.

Aucun autre pays de la région ne réserve aux citoyens de confession juive une citoyenneté à part entière, en étant électeurs et éligibles. Dans cette région du monde, on ne trouvera pas un seul pays, autre que le Maroc, doté d’un espace juridique conforme aux préceptes du judaïsme.

La spécificité marocaine n’est identifiable à aucune autre expérience dans toute la région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Si les plus grandes étapes ayant marqué la question palestinienne ont eu lieu sur le sol marocain, c’est justement parce que le Maroc offre cet avantage comparatif qui a toujours mis à disposition des canaux de communication entre les deux parties israélienne et palestinienne et qu’on trouve nul part ailleurs. Et c'est dans ce sens que le Royaume est prêt à poursuivre ses bons offices en vue de trouver un terrain d’entente avec les Palestiniens.

Par Wadie El Mouden
Le 22/12/2020 à 20h43