Cela fait plus d’un mois et demi que les avocats sont en grève, ce qui entraîne la suspension de leurs prestations et l’arrêt de l’assistance judiciaire dans l’ensemble des tribunaux du Royaume. Dans un communiqué, l’ABM a de nouveau réitéré sa détermination à poursuivre ce mouvement de protestation, qui a débuté le 15 juin, même si le projet de loi 66.23 régissant la profession a fait l’objet d’une saisine auprès de la Cour constitutionnelle, dont les membres sont chargés de statuer sur la conformité des termes de ses articles avec la Constitution, avant que ce texte de loi ne soit promulgué.
Définitivement adopté par les deux Chambres du Parlement, après la procédure législative en vigueur, ce projet de loi reste toujours suspendu à la décision qui sera rendue par les magistrats de la Cour constitutionnelle, indique Al Akhbar de ce mardi 21 juillet. En attendant leur verdict, «les avocats poursuivent leur débrayage», et appellent toujours «au retrait du projet de loi et au retour à la table des négociations», relaie le quotidien.
Les avocats estiment, explique Al Akhbar, que ce projet de loi, qui «réforme de fond en comble la profession, porte de graves atteintes à l’indépendance de la défense et aux garanties fondamentales et constitutionnelles accordées aux avocats, en tant que partenaires principaux du système judiciaire», puisque, de leur avis, «toute réforme devrait se faire en concertation avec les professionnels et non par des textes imposés».
Le bras de fer entre le ministère de la Justice et l’ABM, qui a provoqué une perturbation du fonctionnement des juridictions, pénalise actuellement des milliers de justiciables. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) appelle en conséquence le gouvernement à «trouver une solution à cette crise», écrit le quotidien, selon lequel toute l’attention se porte désormais sur la décision que doit rendre la Cour constitutionnelle, qui a convié les élus du Parlement à lui transmettre «leurs observations par écrit sur le projet de loi». Au gouvernement, ajoute Al Akhbar, Abdellatif Ouahbi, ministre de la justice, défend quant à lui fermement ce projet de loi, qu’il juge «nécessaire» et à même de «moderniser les métiers de la justice».




