Gestion des risques naturels: le Maroc investit 5 milliards de dirhams

Travaux de construction en cours du barrage de Boulaouane, dans la province de Chichaoua (région de Marrakech-Safi), secouée par un violent séisme de magnitude 6,9 dans la nuit du 8 septembre 2023.

Revue de presseFace à la multiplication des aléas climatiques, le Royaume opère un tournant stratégique majeur en abandonnant la simple logique d’intervention post-crise au profit d’une culture de l’anticipation. Portée par une enveloppe globale de près de 5 milliards de dirhams, cette nouvelle approche dévoilée par le ministère de l’Intérieur s’appuie non seulement sur le financement d’infrastructures de protection, mais aussi sur l’implication directe des populations locales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 15/06/2026 à 18h49

Face au renforcement des défis climatiques et à la récurrence des phénomènes tels que les inondations, les séismes, les glissements de terrain ou encore les tsunamis, le Maroc opère une transformation profonde de sa stratégie de gestion des risques. Traditionnellement axée sur l’intervention post-crise, la politique du Royaume s’oriente désormais vers une approche anticipative et préventive, visant avant tout à bâtir une véritable résilience sociétale.

«Cette mutation stratégique se traduit concrètement sur le plan financier», estime Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 16 juin. Le quotidien indique qu’«entre 2015 et la fin du mois d’avril 2026, pas moins de 365 projets de protection et de prévention ont été financés à travers les différentes régions du pays», ajoutant que «cet effort global représente un investissement de près de cinq milliards de dirhams, plus précisément 4,87 milliards de dirhams, soutenu à hauteur d’un tiers par le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles».

Dans une réponse écrite portant sur l’implication des populations locales, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a détaillé, relaie Al Ahdath Al Maghribia, «les leviers juridiques, réglementaires et financiers mis en œuvre ces dernières années pour optimiser l’action publique, une dynamique qui s’articule autour de la surveillance, de la vigilance, du suivi permanent et de l’alerte précoce, son objectif ultime demeurant la réduction drastique des pertes humaines et matérielles».

Le quotidien ajoute que «le déploiement de cette politique s’inscrit dans le cadre du plan d’action 2021-2026, issu de la Stratégie nationale de gestion des risques naturels», et affirme que «ce plan intègre des programmes de sensibilisation ciblant l’ensemble des composantes de la société, avec une attention particulière portée aux populations les plus vulnérables». À cet effet, «un guide technique a été conçu pour accompagner les associations de la société civile dans l’encadrement des activités de sensibilisation sur le terrain.

Parallèlement, des initiatives locales concrètes sont régulièrement menées, à l’image des exercices de simulation annuels organisés par l’Agence du bassin hydraulique dans la région de l’Ourika. Ces manœuvres permettent de tester l’efficacité des systèmes d’alerte et d’évaluer le niveau de préparation des différents intervenants», détaille Al Ahdath Al Maghribia.

Pour ce faire, «l’implication directe des habitants s’est avérée cruciale, notamment dans le développement des dispositifs d’alerte face aux crues soudaines, les riverains jouant désormais un rôle actif pour guider et évacuer les touristes vers des zones sécurisées dès le déclenchement des alarmes», écrit le quotidien, précisant qu’il s’agit d’«une approche globale reposant sur deux piliers majeurs qui constituent aujourd’hui le cadre de référence national: le Programme de gestion intégrée des risques de catastrophes et de la résilience, lancé en 2016, et la Stratégie nationale 2020-2030. Ces deux mécanismes ambitionnent d’unifier les visions sectorielles, de coordonner l’action des multiples intervenants et de maximiser la réactivité de l’appareil d’État face aux situations d’urgence».

Le nouveau défi qui se pose aux autorités «ne se limite donc plus à la seule construction d’infrastructures de protection ou au perfectionnement technologique des outils de prévision. Il s’agit d’ériger le citoyen en acteur central du dispositif de sécurité», souligne Al Ahdath Al Maghribia. En effet, «en plaçant les habitants des zones les plus exposées au cœur des efforts de prévention et d’évacuation, les autorités cherchent à ancrer une culture du risque partagée», indique-t-on. Dans cette perspective, «le Programme de gestion intégrée a financé dix-sept projets immatériels dédiés à la formation et à la sensibilisation, illustrant une volonté croissante d’investir dans le capital humain», affirme le quotidien, précisant que, «parmi ces initiatives, la Direction générale de la protection civile a bénéficié de quatre projets, pour un montant de près de trente millions de dirhams, destinés à la formation spécialisée des urgentistes, à la préparation de formateurs en premiers secours et à la mise à niveau des organisations non gouvernementales actives dans la gestion des crises». Pour les autorités, selon Al Ahdath Al Maghribia, «la réussite de ce modèle repose sur l’élévation continue de la conscience collective. Cette vigilance ne doit pas s’exprimer uniquement en période de crise, mais s’inscrire durablement dans le quotidien et s’intégrer au système éducatif, afin que chaque citoyen devienne un maillon fort de la résilience nationale face au changement climatique».

Par La Rédaction
Le 15/06/2026 à 18h49