À l’approche des élections législatives prévues pour le 23 septembre 2026, la restitution des véhicules de service et des moyens logistiques appartenant aux collectivités territoriales et aux conseils élus est à l’origine de vives tensions. Bien que cette mesure vise à garantir la neutralité des services publics durant la période électorale, le processus se heurte à une lenteur et à des retards répétés que plusieurs candidats n’hésitent pas à qualifier de «manœuvres dilatoires».
Selon des données rapportées par le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 9 septembre, de nombreux élus bénéficiant de ces équipements publics mettent du temps à restituer les véhicules mis à leur disposition, ignorant sciemment les directives et instructions officielles édictées pour encadrer la gestion des moyens de l’État en période électorale. Cette situation inquiète d’autant plus que le parc automobile concerné est particulièrement vaste. D’après les chiffres officiels relayés par la Cour des comptes, les collectivités territoriales et leurs groupements comptent environ 36.000 véhicules et engins répartis sur tout le territoire. Les véhicules utilitaires représentent à eux seuls près de 77% de cet effectif, soit environ 20.700 unités en 2023, un chiffre qui pourrait atteindre 30.000 d’ici 2026 en raison de la multiplication des contrats de leasing public, écrit Assabah.
Ces véhicules de fonction et utilitaires mis à la disposition individuelle de certains responsables et élus suscitent une vive controverse. Ils présentent un risque élevé de détournement à des fins personnelles ou de campagne électorale, au mépris de l’intérêt général et des règles d’équité entre les candidats. Face à ces dérives, le dispositif de contrôle ne se limite pas aux seuls véhicules. Il englobe également le suivi des cartes de carburant, des lignes téléphoniques et des moyens logistiques affectés aux élus, afin d’empêcher toute utilisation des ressources communales pour battre campagne.
Néanmoins, les candidats rappellent que le véritable enjeu ne réside pas dans l’émission de simples directives administratives, mais bien dans leur application stricte et rigoureuse sur le terrain. L’attention se porte désormais vers les présidents de communes et les responsables administratifs chargés de la gestion du parc automobile, auxquels il incombe de formaliser la restitution des véhicules par des procès-verbaux ou des reçus officiels, afin d’établir clairement les responsabilités et de bannir tout usage non réglementaire.
Alors que la campagne électorale bat son plein, les candidats rivaux avertissent que toute utilisation injustifiée des moyens de l’État transforme la gestion des parcs communaux en un point noir pour l’équité du scrutin et le respect de la neutralité administrative. En réponse à ces exigences, certains présidents de communes et d’arrondissements ont déjà sommé leurs adjoints, élus et fonctionnaires candidats de restituer immédiatement leurs véhicules de service, précisant qu’ils ne pourront les récupérer qu’une fois le scrutin mené à son terme.




