Éducation nationale: révocation de seize directeurs régionaux, une manœuvre électorale déguisée?

Le siège du ministère de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Le siège du ministère de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. . DR

Revue de presseLe limogeage massif de directeurs provinciaux par le ministère de l’Éducation nationale pour des «raisons de performance et d’efficacité» a suscité de vives critiques. Les cadres évincés invoquent le clientélisme politique. Cet article est tiré d’une revue de presse d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 13/03/2025 à 19h56

Le ministère de l’Éducation nationale a mis fin aux fonctions de plusieurs directeurs provinciaux après une évaluation de leur performance et de leur capacité à mettre en œuvre les réformes éducatives. D’après un communiqué, «cette opération, menée en toute transparence et en vertu de la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes, en étroite collaboration avec les académies régionales de l’éducation et de la formation, vise à consolider et à optimiser la performance des directions provinciales». L’objectif est de les doter de cadres compétents, aptes à mettre en œuvre les programmes de réforme et à atteindre les résultats escomptés en matière d’éducation, rapporte Al Ahdath Al Maghribia du vendredi 14 mars.

Cette restructuration n’a pas été accueillie favorablement par tous. Mohamed Ajouad, ancien directeur provincial du ministère à Khouribga, a exprimé son désaccord dans une publication sur Facebook. Selon lui, le communiqué ministériel est entaché d’inexactitudes, arguant que les évaluations avaient classé la direction de Khouribga parmi les plus performantes à l’échelle nationale. Il précise que, avec la direction de Khénifra, elle figurait parmi les seules de la région à obtenir le statut «vert», synonyme d’excellence. Ajouad souligne également qu’aucun comité d’inspection générale ou de l’unité centrale de soutien à la réforme n’avait visité la direction provinciale de Khouribga, suscitant ainsi des interrogations quant aux motifs et aux fondements de son limogeage, ainsi qu’aux critères d’évaluation utilisés par le ministère.

Les cadres évincés mettent en doute la justification officielle de ces mesures et suggèrent des motivations sous-jacentes, relaie Al Ahdath Al Maghribia. Si certains considèrent cette restructuration comme une évaluation de routine de la performance et de l’efficacité de la mise en œuvre de la réforme, d’autres y voient des règlements de comptes politiques. Des accusations de favoritisme sont même formulées à l’encontre du nouveau ministre, accusé de privilégier son entourage, d’autant plus que les critères d’évaluation des directeurs provinciaux semblent manquer de clarté et de transparence. Cette situation nourrit le scepticisme quant à l’impartialité de cette décision et accrédite la thèse du clientélisme politique.

Par Hassan Benadad
Le 13/03/2025 à 19h56

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