Devant le roi Mohammed VI, Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, a retracé hier lors de la veillée religieuse en commémoration de l’Aïd Al-Mawlid Annabaoui, la lignée des ouvrages qui ont porté la dévotion «affective» des Marocains envers le Prophète.
Il s’agit notamment de textes de théologiens et d’historiens marocains originaires de Sebta. «Quant à la manifestation affective, elle s’illustre par leur excellence dans l’évocation des mérites du Prophète, à commencer par le livre «Ash-Shifa» («Traité sur les vertus curatives de la connaissance des droits du Prophète») du Cadi Ayyad, en passant par le livre «Ad-Dourr Al-Mounazzam» («Anthologie de poèmes composés en célébration de la naissance de l’Illustre prophète») d’Al-Azafi, tous deux savants de la ville de Sebta, jusqu’au livre «Dala’il al-Khayrat» («Les guides vers les voies du Bien») de l’Imam Al-Jazuli», a-t-il souligné.
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«Ce dernier livre a été le symbole des Marocains dans leur mobilisation pour la libération des villes occupées sur la côte atlantique au début de l’ère moderne», a-t-il poursuivi.
Cette dévotion affective forme, selon le ministre, l’un des deux piliers qui structurent l’attachement des Marocains au Prophète, aux côtés d’une manifestation politique. «L’attachement de la nation marocaine à la noble personne du Prophète se manifeste sous deux formes, une manifestation politique et une manifestation affective, et toutes deux reposent sur un fondement juridique», a-t-il précisé.
Cette manifestation politique réside dans l’attribution de la Grande Imama aux Chorfas, descendants du Messager, sur la base de la Bay’a. Cette allégeance garantit la préservation de la patrie et des sacralités et assure un arbitrage juste entre les composantes de la nation.
Ahmed Toufiq a inscrit cette lecture dans le cadre du plan d’orientation du discours religieux. Fidèle à la parole du Prophète «Ai-je transmis le message?», qui reste selon lui une référence pour les oulémas marocains, cette démarche vise à faire admettre que le Tawhid, autour duquel s’articulent le Coran et la Sunna, se traduit par une émancipation morale de l’égoïsme individuel et collectif.
La veillée s’est tenue hier au Palais royal de Rabat, en présence du prince héritier Moulay El Hassan, du prince Moulay Rachid et du prince Moulay Ahmed. Elle a été marquée par des récitations coraniques et des chants de louange au Prophète. Ahmed Toufiq y a par ailleurs présenté le bilan annuel des activités du Conseil supérieur des oulémas et des conseils scientifiques locaux.




