Daech: 3.500 Marocains à travers le monde, dont 500 au Maroc

DR

Revue de presseKiosque360. Les Marocains qui ont prêté allégeance à Al-Baghdadi ne sont pas 1.500, comme avancé par Abdelhak Khiam, directeur du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), les statistiques nationales ne tenant compte ni des Marocains nés à l’étranger ni de ceux qui sont encore au Maroc.

Le 15/02/2016 à 02h38

Plus de 200 experts et responsables internationaux, civils et militaires, étaient présents à la 7e édition du Forum de Marrakech sur la sécurité, qui s’est tenue vendredi et samedi derniers. Akhbar Al Yaoum, qui a assisté à l’ensemble des ateliers de ce rendez-vous, est revenu sur ses principales conclusions dans son numéro du lundi 15 février.

Ainsi, selon Mohammed Benhammou, président du Centre marocain des études stratégiques, sur les 38.000 combattants se trouvant dans les zones de combat en Syrie, 1.500 sont Marocains. «A titre de comparaison, les conflits afghan et irakien n’ont produit que 10.000 combattants. Une preuve de la montée en puissance du nombre de combattants étrangers», précise le journal.

De son côté, Paulo Dimas, expert hollandais sur les sujets africains et directeur du Centre de lutte contre le terrorisme, a affirmé que les statistiques avancées par le directeur du BCIJ étaient incomplètes. «A titre d’exemple, les attentats du 13 novembre, à Paris, ont été commis majoritairement par des personnes d’origine marocaine. Cependant, celles-ci sont absents des statistiques officielles», a précisé Dimas. Selon cet expert, plus de 200 Hollandais d’origine marocaine combattent aujourd’hui dans les rangs de Daech en Syrie et en Irak. Un expert marocain, cité par le journal, va plus loin en affirmant que 70% des combattants hollandais dans ces zones sont des Marocains.

La situation n’est pas très différente dans les autres pays européens. Ainsi, «ces chiffres sont proches de ceux de la Belgique et de la France», précise le journal. La part des Marocains dans les combattants de nationalité française est de 25% sur un total de 1.800.

Au total, ils seraient quelque 1.500 Marocains résidant à l’étranger, principalement en Europe, à évoluer dans les zones de conflit. Parmi eux, 490 seraient mort ou tués au combat, tandis que 290 sont revenus au pays. «Le rôle d’encadrement de ces jeunes revient évidement au pays d’accueil. Cependant, le pays d’origine a aussi sa part de responsabilité», ajoute Dimas.

Par ailleurs, l’Afrique du Nord est la première zone exportatrice de combattants de Daech, même si ces derniers sont de 67 nationalités différentes. Au Maroc, 300 à 500 personnes seraient prêtes à partir immédiatement au combat. D’où la prolifération de cellules terroristes dans le royaume. Depuis 2013, les services marocains de sécurité ont réussi à démanteler 30 cellules terroristes et 150 cellules depuis 2002.

Par Abdelhafid Lagzouli
Le 15/02/2016 à 02h38