Yémen: les Houthis tuent au moins 58 soldats et frappent l’Arabie saoudite

Des Yéménites armés scandent des slogans et brandissent leurs armes lors d'une manifestation contre la décision d'Israël de bloquer l'acheminement de l'aide humanitaire vers la bande de Gaza, à Sanaa, la capitale contrôlée par les Houthis, le 11 mars 2025. AFP or licensors

Les rebelles houthis du Yémen ont attaqué jeudi les forces gouvernementales, tuant au moins 58 soldats, et des cibles en Arabie saoudite, s’attirant des menaces de représailles après des opérations au bilan sans précédent en plus de quatre ans d’hostilités.

Le 07/08/2026 à 06h29

La reprise, le mois dernier, des combats dans ce conflit commencé il y a plus de dix ans a constitué une nouvelle étape dans l’embrasement régional consécutif à la guerre entre les États-Unis et l’Iran.

Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir agi jeudi en représailles au récent renforcement, selon eux, des troupes yéménites appuyées par l’Arabie saoudite.

Une source militaire a fait état auprès de l’AFP de 58 morts et de «dizaines de blessés», après un précédent bilan de 38 morts et 29 blessés dressé par des sources médicales.

D’après un responsable militaire, il s’agit des attaques les plus meurtrières depuis le cessez-le-feu de 2022, qui avait mis fin à plus de sept ans d’une guerre dévastatrice dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique.

Les attaques ont visé un camp militaire dans la province de Marib, dans le centre du pays, ainsi que d’autres dans la province d’Hadramout, près de la frontière avec l’Arabie saoudite, a-t-il précisé.

Les Houthis les ont revendiquées dans un communiqué.

«Nos forces armées ont conduit une opération de grande envergure visant des concentrations de troupes ennemies», a indiqué leur porte-parole militaire, Yahya Saree, dénonçant «un important renforcement militaire saoudien».

Il a par ailleurs averti que les rebelles se tenaient «prêts en cas d’escalade».

Les forces armées riposteront à cette «agression à l’heure et à l’endroit appropriés», a promis le ministère de la Défense du gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale.

En Arabie saoudite, la coalition menée par Riyad a accusé les Houthis d’avoir mené «des bombardements contre des cibles civiles» dans la région frontalière de Najran.

Ces attaques ont fait 11 blessés, dont un enfant de quatre ans, ainsi que deux Égyptiens, un Yéménite et un Pakistanais, un bilan sans précédent dans le royaume depuis la fin de la trêve.

La coalition «continuera à prendre toutes les mesures de dissuasion nécessaires contre ces agressions terroristes afin d’assurer la protection des civils», a prévenu son porte-parole, le général Turki al-Malki, dans un communiqué relayé par l’agence officielle saoudienne.

Attaques contre des pétroliers

La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une grave crise humanitaire.

Elle avait débuté en 2014 lorsque les Houthis avaient lancé, depuis leur fief de Saada, une région du nord du pays près de la frontière saoudienne, une grande offensive et pris le contrôle de vastes pans du territoire, dont la capitale Sanaa.

Fragilisé, le gouvernement yéménite avait reçu l’aide, en 2015, d’une coalition militaire menée par Riyad.

Une trêve négociée par l’ONU tenait depuis 2022, mais les hostilités ont repris le mois dernier entre les Houthis pro-iraniens et l’Arabie saoudite, alliée de Washington, sur fond de guerre entre les États-Unis et l’Iran.

Elles ont été déclenchées après la tentative d’atterrissage dans la capitale Sanaa d’un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l’hégémonie saoudienne sur l’espace aérien yéménite.

Les Houthis ont depuis mené plusieurs attaques contre des intérêts saoudiens.

Mercredi, ils ont déclaré avoir attaqué deux pétroliers saoudiens en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, dans le cadre du blocus qu’ils avaient annoncé en juillet contre la flotte saoudienne.

Cette mesure fait peser un risque sur la capacité de l’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, à acheminer son pétrole vers les marchés internationaux, après le verrouillage iranien du détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.

Les rebelles yéménites ont aussi frappé des infrastructures en Arabie saoudite, qui a de son côté tiré contre des positions des Houthis.

Reuters rapporte qu’au moins 30 soldats yéménites ont été tués dans les provinces de Marib et d’Hadramout et que le bilan pourrait s’alourdir, tandis qu’Al-Monitor/AFP cite une source militaire faisant état d’au moins 58 morts. AP confirme aussi l’attaque contre Najran, avec 11 civils blessés, dont un enfant de quatre ans.

Par Le360 (avec Agences)
Le 07/08/2026 à 06h29