Un quart de siècle après, l’Amérique commémore le 11-Septembre

Lors du 25ème anniversaire du 11 septembre à New York. (AFP)

Les États-Unis ont rendu hommage vendredi aux victimes des attaques du 11-Septembre, il y a 25 ans, à travers notamment une cérémonie à New York, sans Donald Trump mais avec quatre de ses prédécesseurs.

Le 12/09/2026 à 07h29

À «Ground Zero», site des anciennes tours jumelles du World Trade Center, les proches des victimes ont consacré toute la matinée à la lecture solennelle des noms des près de 3.000 morts, dans un quartier du sud de Manhattan bouclé pour l’occasion.

Alors que les prises de parole sont habituellement très cadrées, deux proches des disparus ont profité de la tribune pour s’en prendre à l’Arabie saoudite, d’où provenaient la majorité des pirates de l’air ainsi que l’instigateur des attaques, le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, accusant les États-Unis de complicité.

Donald Trump avait lui choisi de prendre la parole depuis le Pentagone, quartier général du ministère de la Défense, également ciblé ce jour-là par un avion détourné par des pirates de l’air de l’organisation jihadiste.

«Nous n’oublierons jamais» et «C’est pour ça que nous nous battons aujourd’hui», a-t-il lancé, au moment où son pays est engagé dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient, contre l’Iran, très impopulaire auprès des Américains.

Giuliani «offensé»

D’autres cérémonies étaient organisées en plusieurs endroits de la ville comme à Bryant Park, à Manhattan, où avaient été disposées 2.753 chaises vides, soit autant que le nombre de personnes décédées ce jour-là dans la ville (les autres ayant été tuées dans le pays).

«Leur vie leur a été volée sans aucune raison», a déclaré Anthony Romano, 65 ans, originaire de l’État de New York, une fleur blanche à la main: «Elles méritent qu’on se souvienne d’elles.»

«Chaque année, c’est une période très difficile pour nous, cette année d’autant plus que nous arrivons au cap des 25 ans», rapportait de son côté John Fila, pompier ayant participé aux sauvetages, impliqué lors d’une autre commémoration un peu plus loin à Manhattan.

Parmi les officiels, avaient pris place le vice-président JD Vance ainsi que les quatre anciens chefs de l’État encore en vie: les démocrates Joe Biden, Barack Obama et Bill Clinton, de même que le républicain George W. Bush, qui présidait le pays le jour des attentats.

En bonne place figurait aussi Zohran Mamdani, 34 ans, issu de la gauche du Parti démocrate, premier maire de New York à avoir prêté serment sur un Coran.

Après les attaques, les actes anti-musulmans avaient bondi dans la ville comme dans le reste des États-Unis. La police avait également renforcé la surveillance des communautés au nom de la lutte contre l’islamisme, à travers un programme désormais abandonné.

Un souvenir qui s’éloigne

En 2001, «il y avait bien sûr déjà une population musulmane à New York, mais elle était moins importante et n’avait pratiquement aucun poids politique. Depuis, la situation a considérablement changé, dans la ville comme au niveau national», observe le politologue Lincoln Mitchell auprès de l’AFP.

Une évolution qui n’a pas empêché certaines voix conservatrices de demander que Zohran Mamdani n’assiste pas aux commémorations.

Comme celle de Rudy Giuliani, maire de New York au moment des attentats - devenu par la suite avocat de Donald Trump - qui s’est dit «offensé» par la présence à «Ground Zero» du jeune élu.

Une manifestation de militants anti-islam s’est également tenue aux abords de l’hôtel de ville, rassemblant quelques dizaines de personnes.

Cette semaine, Zohran Mamdani a par ailleurs annoncé la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la ville sur la lumière de l’air après les attaques contre le World Trade Center.

En plus des 2.977 personnes décédées aux États-Unis le jour des attentats, plus de 9.400 autres sont mortes depuis des suites de maladies liées à leur exposition, selon le programme fédéral de suivi médical.

Parmi ceux qui pourraient être mis en cause figurent notamment Rudy Giuliani, mais aussi Michael Bloomberg, élu maire en novembre 2001.

Un quart de siècle après les faits, on dénombre désormais environ «100 millions d’Américains qui n’étaient pas encore nés ou trop jeunes pour avoir un souvenir» des événements, souligne Beth Hillman, présidente du Musée-Mémorial du 11-Septembre.

Après avoir beaucoup insisté sur «le devoir de mémoire», l’institution qu’elle dirige désormais porte ses efforts sur la transmission et la pédagogie.

La CIA a de son côté profité de cet anniversaire pour déclassifier plus de 70 notes de renseignements présidentiels portant sur le groupe jihadiste Al-Qaïda et son ancien chef.

Par Le360 (avec AFP)
Le 12/09/2026 à 07h29