Ukraine: Kiev frappée par des drones kamikazes, un avion militaire russe s'écrase près de la frontière

Le dépôt détruit de l'usine de réparation de wagons de marchandises de Darnytsia, ciblée tôt au matin par des frappes de missiles russes à Kiev (photographie prise le 5 juin 2022). . Genya SAVILOV / AFP

Des frappes russes, à l'aide notamment de drones kamikazes, ont fait hier, lundi, au moins huit morts en Ukraine et 13 personnes ont péri en Russie quand un avion militaire russe s'est écrasé non loin de la frontière ukrainienne.

Le 18/10/2022 à 06h34

Au total, sur l'ensemble de la journée, «l’ennemi a effectué neuf frappes de missiles, 39 frappes aériennes, (a tiré) jusqu’à 30 obus avec des lance-roquettes multiples», a résumé dans la soirée l'état-major de l'armée ukrainienne.

Outre la capitale, les environs de Kharkiv et de Soumy (nord-est), de Donetsk (est), de Dnipropetrovsk (centre-est) ou de Kherson et de Mykolaïv (sud) ont été touchés, une semaine après des bombardements massifs sur l'Ukraine, a-t-il poursuivi.

Des infrastructures cruciales dans trois régions, dont celle de Kiev, ont été atteintes, laissant «des centaines de localités» sans électricité, a précisé le Premier ministre ukrainien, Denys Chmygal, faisant état de «cinq frappes de drones» de fabrication présumée iranienne sur la seule capitale.

L'armée russe, qui va envoyer jusqu'à 9.000 soldats et quelque 170 chars au Bélarus, un allié de Moscou, s'est pour sa part félicitée d'avoir atteint toutes ses cibles, avec «des armes de haute précision».

Dans le même temps, dans le sud-ouest de la Russie, 13 personnes ont été tuées et 19 autres blessées à la suite de la chute d'un avion militaire russe qui a provoqué un gigantesque incendie dans un immeuble à Ieïsk, non loin de la frontière ukrainienne, ont annoncé les autorités.

Zelensky dénonce la «terreur» russe

«Les terroristes russes ont encore réussi à frapper. A Kiev, ils ont tué une jeune famille, en ciblant un immeuble d'habitation avec un (drone) Shahed iranien. Un homme et une femme enceinte de six mois (...) Au total, quatre personnes ont été tuées par ce seul Shahed», s'est emporté dans la soirée le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

«La Russie n'a aucune chance (de gagner) sur le champ de bataille. Et elle essaie de dissimuler ses défaites militaires par la terreur. Pourquoi a-t-elle besoin de la terreur? Pour faire pression sur nous, sur l'Europe et sur le monde entier», a-t-il poursuivi dans son message vidéo quotidien.

«Afin de garantir la protection de notre ciel et de réduire à zéro les capacités des terroristes russes, nous avons besoin de systèmes de défense antiaérienne nettement plus modernes et de davantage de missiles pour ceux-ci», a encore dit Volodymyr Zelensky.

Selon les services de secours ukrainiens, toujours dans la capitale, un drone kamikaze a également touché un bâtiment administratif.

Une série d'explosions a été entendue au petit matin dans la ville.

Un journaliste de l'AFP a vu l'un des drones kamikazes frapper un immeuble, après que deux policiers ont tenté de l'abattre avec leurs armes de service.

«Nous sommes ici depuis peut-être une demi-heure et quatre drones sont tombés», a expliqué l'un d'eux, Iaroslav, encore nerveux après avoir tiré.

108 femmes libérées par les Russes

Dans la région de Soumy, cinq personnes ont perdu la vie et 14 ont été blessées par des tirs de missiles sur une installation non précisée, ont déploré les autorités locales.

Dans celle de Dnipropetrovsk, un missile de croisière a touché un autre transformateur, faisant un blessé.

Et l'opérateur ukrainien du nucléaire Energoatom a fait savoir que la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud), au centre de toutes les inquiétudes depuis plusieurs mois, avait dû être alimentée par ses générateurs diesel de secours pour refroidir ses réacteurs, après avoir été déconnectée du réseau par des bombardements russes.

Cependant, malgré ce contexte, 108 femmes, en grande partie des militaires, ont pu être libérées à la faveur d'un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a relevé le président Zelensky.

Menace de sanctions américainesKiev a demandé à l'UE d'imposer davantage de sanctions à l'Iran, qui nie avoir fourni des drones tueurs à la Russie pour son offensive contre l'Ukraine.

«L'Iran est responsable du meurtre d'Ukrainiens. Ce pays qui opprime son propre peuple fournit désormais des armes monstrueuses pour des meurtres de masse au coeur de l'Europe», a dénoncé Mykhailo Podolyak, un conseiller de la présidence ukrainienne.

Téhéran a réitéré ses dénégations.

«L'Iran n'a exporté d'armes vers aucune des parties en guerre», a ainsi affirmé Nasser Kanani, le porte-parole de sa diplomatie.

Washington a menacé de sanctionner les entreprises ou les Etats collaborant au programme de drones de l'Iran après les attaques de lundi.

Dans le sud de l'Ukraine, l'armée avait précédemment dit avoir abattu dans la nuit de dimanche à lundi 26 drones iraniens Shahed-136.

Aide militaire de l'UE«L'UE augmente son aide militaire à l'Ukraine à 3,1 milliards d'euros et lance une mission de formation militaire pour nos soldats», s'est pour sa part félicité le chef du cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak.

Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont discuté à Luxembourg d'une hausse de l'aide militaire européenne et d'une formation de quelque 15.000 soldats ukrainiens.

Le 10 octobre, des bombardements russes d'une ampleur inégalée depuis des mois avaient fait au moins 19 morts et 105 blessés.

Les alliés occidentaux de Kiev lui avaient alors promis plus de systèmes de défense antiaérienne et certains ont déjà été livrés.

Les Russes sont sur la défensive sur l'essentiel du front en Ukraine, reculant depuis septembre aussi bien dans le nord, que l'est et le sud. Le seul tronçon où ils avancent encore est la zone de la ville de Bakhmout (est) qu'ils tentent de prendre depuis l'été.

Le 18/10/2022 à 06h34