Trump prolonge sine die la trêve avec l’Iran

Le président américain Donald Trump participe à une conférence de presse dans la salle de presse James S. Brady de la Maison Blanche, le 6 avril 2026 à Washington, DC. 2026 Getty Images

Le cessez-le-feu semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l’annonce de la prolongation de la trève par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens.

Le 22/04/2026 à 06h59

Deux semaines après le 8 avril, date de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’Iran avait averti que la trêve arriverait à échéance dès minuit GMT dans la nuit de mardi à mercredi. Le président américain évoquait mercredi soir, heure de Washington.

Mais Donald Trump a finalement annoncé qu’il prolongeait l’arrêt des combats à la demande des médiateurs pakistanais, jusqu’à ce que «l’Iran présente une proposition» visant à mettre fin au conflit. Il a invoqué dans un message sur Truth Social des divisions au sommet du pouvoir iranien.

Pas plus tard que lundi, le milliardaire républicain avait encore jugé «hautement improbable» une prolongation du cessez-le-feu.

Mercredi vers 04H00 GMT, aucun incident notable n’était signalé dans la région.

Le blocus des ports iraniens va se poursuivre, a souligné Donald Trump.

Le dirigeant américain a assuré que le pouvoir iranien voulait une réouverture du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures que bloquent Téhéran et Washington. Mais si les États-Unis lèvent leur mesure, «il ne pourra jamais y avoir d’accord avec l’Iran, sauf si nous faisons sauter le reste de leur pays, leurs dirigeants compris!», a-t-il lancé.

Afin de préparer sa réouverture, le Royaume-Uni doit accueillir mercredi et jeudi des militaires d’une trentaine de pays. L’objectif: former une mission de protection de la navigation dans le détroit une fois la paix instaurée, sous la direction de Londres et Paris.

«Adieu» au pétrole

Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’annonce de Donald Trump sur le cessez-le-feu, saluant une «avancée importante vers la désescalade», selon un communiqué de son porte-parole.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a dit espérer que les deux parties parviendraient «à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad».

Le vice-président américain JD Vance, qui devait de nouveau partir pour le Pakistan pour des négociations, est finalement resté aux États-Unis mardi, a confirmé la Maison Blanche.

L’Iran s’est en l’état refusé à envoyer une délégation à Islamabad pour des pourparlers, exigeant la fin du blocus américain de ses ports.

Avant l’annonce de Donald Trump, Téhéran avait menacé de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l’approvisionnement pétrolier mondial.

«Si leur territoire et leurs installations sont mis au service des ennemis pour attaquer la nation iranienne, ils peuvent dire adieu à la production pétrolière au Moyen-Orient», avaient averti les Gardiens de la Révolution.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a, lui, jugé que le blocus américain des ports du pays constitue «un acte de guerre et donc une violation du cessez-le-feu».

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a estimé mardi soir sur X que «d’ici quelques jours, les sites de stockage sur l’île de Kharg (point névralgique de l’industrie pétrole iranienne, ndlr) seront saturés et les fragiles puits de pétrole iranien seront fermés».

«Restreindre le commerce maritime de l’Iran cible directement les principales sources de revenus du régime», s’est-il félicité.

Les cours de pétrole se sont affichés sans direction mercredi en Asie, après l’annonce de la prolongation du cessez-le-feu.

Ils ont flambé depuis le déclenchement par Israël et les États-Unis le 28 février du conflit, qui compromet le passage par le détroit d’Ormuz, par où transite d’ordinaire un cinquième de l’approvisionnement mondial.

Iraniennes menacées?

Avant d’annoncer l’extension de la trêve, Donald Trump a demandé à Téhéran de «libérer» plusieurs femmes qui seraient menacées d’exécution. Ce serait un «très bon début pour les négociations», avait-il estimé.

L’AFP n’est pas en mesure de confirmer ces menaces d’exécution, ni l’identité des femmes dont le président américain a reproduit les photographies. L’Iran a démenti toute menace d’exécution les concernant.

A Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi après plusieurs semaines, la vie a repris son cours.

Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, savoure le répit apporté par la trêve. «Je suis sortie sans me stresser (...) je suis allée dans les cafés, restaurants, ici et là», a raconté la jeune femme, rencontrée par l’AFP dans une rue de la capitale.

Mais pour Saghar, 39 ans, interrogée depuis Paris, «il n’y a pas de lumière au bout du tunnel». «La situation économique est horrible» et le pouvoir arrête des gens «pour rien. Les exécutions se multiplient».

Sur l’autre front de la guerre, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban doivent avoir lieu jeudi à Washington, selon la diplomatie américaine. Comme les premières du 14 avril, elles se tiendront au niveau des ambassadeurs.

Un cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, que les deux parties se sont accusées de violer.

D’après l’agence officielle libanaise Ani, l’armée israélienne a fait exploser mercredi à l’aube plusieurs maisons à Al-Bayada, dans le sud du pays, ce qui a pu être entendu à travers Tyr.

Selon un bilan officiel communiqué mardi, 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par Le360 (avec AFP)
Le 22/04/2026 à 06h59