Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre «deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l’île de Larak», située dans le stratégique détroit d’Ormuz.
Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.
Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l’inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.
«Il y aura une réponse» et «nous allons les frapper fort», a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.
Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n’était «ni dans l’intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région», disant continuer à «oeuvrer pour parvenir à un accord».
. @drpezeshkian says Iran will respond decisively to aggression as he heads to Bishkek for SCO summithttps://t.co/y2S1XfgtEx pic.twitter.com/0Q0lEaXikh
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En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé mardi que son pays renouerait «immédiatement» avec ses engagements si les Etats-Unis revenaient au protocole d’accord conclu en juin pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
«Je déclare explicitement que si les Etats-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d’accord (...), la République islamique d’Iran prendra immédiatement des mesures réciproques», a déclaré M. Pezeshkian lors d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai au Kirghizstan, selon le site de la présidence iranienne.
«Escalade dangereuse»
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l’attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l’Iran, ont été «observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines» à Ormuz.
Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.
Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant «une escalade dangereuse».
Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une «riposte bien plus forte» si toute nouvelle «agression» de Washington était lancée depuis leur territoire.
Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d’Ormuz.
IRGC shoots down hostile US MQ-9 drone over Hormuzhttps://t.co/MprAKlVNiM pic.twitter.com/Jxo227sH02
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Un tanker a également été touché par trois «projectiles inconnus» alors qu’il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l’agence maritime britannique, UKMTO.
Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d’Ormuz.
Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février.
«Protéger la circulation»
En réponse, les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts «à protéger la libre circulation des échanges commerciaux», le Centcom affirmant avoir «achevé le déminage des voies de navigation internationales».
Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu’un «superpétrolier voyou» avait heurté deux mines navales lors d’une tentative «illégale» de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la «désinformation».
🚫 CLAIM: Iran’s Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) claims that a supertanker passing through the southern route of the Strait of Hormuz struck two mines and was brought to a complete stop. This is FALSE.
— U.S. Central Command (@CENTCOM) August 31, 2026
✅ FACT: No ships have hit mines in the Strait of Hormuz. This is… pic.twitter.com/spkaogBx81
Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l’impasse, alors qu’un protocole d’accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d’après.
Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, «la solution est claire et simple: les États-Unis doivent respecter leurs engagements et s’en tenir» à ce qui a été signé. «Tout rentrera alors dans l’ordre».
Face à ce conflit impopulaire et à l’approche des élections de mi-mandat, l’administration Trump mise sur la «guerre économique» contre l’Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.
«On va continuer à faire pression» sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l’occasion d’une série de réunions aux États-Unis avec ses homologues des pays du G20.
US Treasury Secretary Scott Bessent said Iran is taking US sanctions seriously and is lashing out as its economy comes under increasing pressure https://t.co/fk5OLCQETs pic.twitter.com/HC1mXCTD0D
— Reuters (@Reuters) August 31, 2026




