Séisme en Colombie: l’espoir de trouver des survivants faiblit, la détresse reste intacte

Des secouristes recherchent des survivants dans les décombres d'un immeuble effondré à Cali, en Colombie, le 13 août 2026, trois jours après un séisme de magnitude 7,4. (Photo de Joaquin SARMIENTO/AFP). AFP or licensors

La détresse des sinistrés reste entière jeudi soir en Colombie, trois jours après le puissant séisme qui a frappé l’ouest du pays, alors que les chances de retrouver des survivants s’amenuisent et que les campements de fortune se multiplient.

Le 14/08/2026 à 07h00

Les moteurs de chantier ont commencé à déblayer les déclins dans les endroits où est écartée toute présence de survivants, après le tremblement de terre de magnitude 7,4 survenu lundi, le plus meurtrier de ce début de siècle dans le pays.

Le bilan s’est encore alourdi jeudi en fin de journée, passant à 281 morts, près de 4.000 blessés et 379 disparus, a annoncé le président Abelardo de la Espriella en conférence de presse.

Le séisme a également détruit près de 13.000 logements, selon l’organisme de gestion des catastrophes.

À Cali (sud-ouest), troisième ville du pays et l’une des plus affectées par le séisme, les parcs et les rues se sont transformées en campements improvisés.

Maria del Carmen Rodriguez, 72 ans, a perdu l’appartement qu’elle avait acheté avec les économies d’une vie. Elle l’observe depuis un terrain de football où elle passe désormais des nuits étouffantes sous une tente avec son mari de 76 ans.

«Nous nous demandons à quelles aides nous avons droit, si nous allons être relogés» mais «tout ça va prendre du temps», soupire-t-elle.

Bénévoles et secouristes professionnels continuent, eux, de fouiller les déclins, à mains nues ou avec du matériel spécialisé et des chiens, en quête du moindre signe de vie.

Pendant qu’ils s’acharnent, l’odeur âcre des corps en décomposition flotte dans les quartiers les plus dévastés.

Jeudi matin s’est refermée la fenêtre des 72 heures après le séisme, délai à l’issue duquel il est rare de retrouver des rescapés.

La «région du café» (centre-ouest) a également été durement frappée. À Pereira, un pompier scrute l’endroit où un groupe de bénévoles dit avoir entendu des bruits sous les déclins.

«Je ne vais pas leur enlever leur émotion ni leur ferveur, parce que les miracles existent, mais à ce stade il est peu probable de trouver des gens vivants», confie-t-il à l’AFP.

«Traumatisme collectif»

Depuis lundi, la solidarité de la population locale face à la recherche harcelante des disparus et aux pénuries ne se dément pas. Des milliers de personnes apportent aux quartiers touchés de l’eau, de la nourriture et des médicaments.

À Cali, un musicien a même eu l’idée d’un stand depuis lequel il distribue des étreintes amicales pour réconforter les sinistrés.

«Nous traversons un traumatisme collectif et je pense que la meilleure façon d’aider pour moi, c’est de donner de mon énergie», dit à l’AFP Andrés Solomón, 46 ans, entouré de pancartes clamant «Ici, câlins» et «Courage!».

Certaines retrouvailles mettent du baume au cœur à une population marquée par la perte.

Le visage de Vicky Giraldo s’est illuminé quand des bénévoles ont secouru son chat Polux, dans son immeuble désormais en ruines. «Mon rêve s’est réalisé», dit cette avocate de 56 ans, en écrasant une larme sur sa joue.

Mais les répliques et les dommages structurels compliquent les opérations de sauvetage.

Le gouvernement critiqué

L’épicentre du séisme est situé près de San José del Palmar dans le Choco, un département bordant le Pacifique et qui compte parmi les plus pauvres de Colombie. Là, la phase de recherche et de sauvetage est déjà achevée mais l’aide aux sinistres se fait pressante.

Le président de la Espriella, qui a pris ses fonctions trois jours seulement avant le tremblement de terre, a décrété l’état d’«urgence économique» face à la catastrophe, une mesure qui lui permet de créer des impôts et de modifier le budget.

Il a également annoncé la création d’un fonds alimenté par des aides internationales pour venir en aide aux victimes.

La gestion de la catastrophe par ce dirigeant issu de la droite dure a toutefois fait l’objet de critiques.

La Colombie n’a en effet accepté de recevoir que des équipes de secours envoyées par les États-Unis, le Salvador, l’Équateur et Israël, gouvernés par la droite.

Le gouvernement colombien a affirmé gérer les offres d’aide étrangère «sans aucune considération idéologique ni politique».

La présidente mexicaine de gauche, Claudia Sheinbaum, a regretté jeudi que son gouvernement n’ait pas pu mobiliser ses brigades de secouristes militaires, pourtant expérimentées, au motif qu’elles ne disposaient pas de la bonne certification.

Par Le360 (avec AFP)
Le 14/08/2026 à 07h00