L’ONU prévoit un El Niño «de très forte intensité» ces cinq prochains mois

Un homme boit de l'eau pour se rafraîchir face à la chaleur intense à Tegucigalpa, le 12 mai 2026. AFP or licensors

Le phénomène El Niño est désormais «solidement installé» et devrait encore se renforcer dans les prochains mois pour atteindre une intensité «très forte» avec une quasi-certitude qu’il se prolonge jusqu’en février 2027, a alerté jeudi l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Le 03/09/2026 à 07h31

«El Niño s’est solidement installé et va s’intensifier pour devenir un phénomène de très forte intensité dans les mois à venir, avec des répercussions importantes sur les régimes de température et de précipitations, ainsi que sur les risques associés d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes», alerte une nouvelle mise à jour de l’OMM.

L’épisode «devrait se renforcer encore au cours des prochains mois pour atteindre une très forte intensité avant de parvenir à son apogée vers la fin de l’année 2026», prévient encore l’OMM.

En outre, souligne l’organisation, les dernières prévisions saisonnières des centres mondiaux de production de l’OMM indiquent «une probabilité exceptionnellement élevée» de près de 100% qu’El Niño se maintienne jusqu’en février 2027.

«El Niño prend sous nos yeux une ampleur exceptionnelle. La science est sans équivoque: la planète s’engage en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent. La température de la mer en surface atteint des niveaux records, le mercure continue de grimper et nous nous trouvons dans une zone à hauts risques où les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent la nouvelle norme», s’est alarmé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Des eaux en surchauffe

El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial se réchauffent à partir du printemps, ce qui entraîne les mois suivants des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale.

Les températures de surface de la mer dans cette zone du Pacifique équatorial sont déjà nettement supérieures à la moyenne et continuent d’augmenter.

Elles étaient en moyenne supérieure de 1,5°C aux normales entre mai et juillet 2026, puis de 2,0°C en juillet, relève l’OMM, évoquant aussi entre fin juillet et mi-août des relevés de 2,2°C à 2,6°C au-dessus de la moyenne, «ce qui témoigne de la poursuite du renforcement du phénomène».

Sous la surface de l’océan, les températures océaniques étaient même dans certaines zones supérieures de plus de 8°C à la moyenne en juillet et au début du mois d’août.

«Ces conditions confirment donc la persistance d’El Niño et la possibilité d’un nouveau renforcement au cours des prochains mois», selon la mise à jour de l’OMM.

Si chaque El Niño est différent, le phénomène a historiquement provoqué ou intensifié des sécheresses et risques d’incendies dans certaines régions de l’Amazonie, d’Amérique centrale, d’Indonésie et d’Australie, des perturbations de la mousson en Inde ou des pluies diluviennes dans l’est de l’Afrique.

Depuis 1950, sept épisodes ont atteint le niveau «très fort», selon l’Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA), le plus fort étant apparu en 1982-1983.

«Pas de temps à perdre»

Ce phénomène s’ajoute au changement climatique causé par les activités humaines, dopant les événements météo extrêmes. Toutefois, l’intensité d’un épisode d’El Niño ne suffit pas à déterminer la gravité de ses conséquences dans un pays ou une région donnée, souligne l’OMM.

Ses effets varient selon les régions et les saisons et peuvent être modifiés par d’autres facteurs climatiques, notamment les conditions dans les océans Indien et Atlantique.

Pour la période septembre-novembre 2026, les prévisions de l’OMM indiquent une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées, ainsi que des régimes de précipitations correspondant à une réponse atmosphérique marquée et classique à un fort El Niño dans le Pacifique.

El Niño «a le potentiel de porter un coup dur aux populations et aux économies du monde entier. Nous constatons déjà les perturbations et les ravages causés par les sécheresses et les inondations, et nous nous attendons à ce que ces effets s’aggravent à mesure qu’El Niño s’intensifie», a prévenu la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo.

«Cet épisode El Niño exceptionnel exige une préparation et une réaction exceptionnelles (...) Il n’y a pas de temps à perdre», a-t-elle ajouté.

«Une course contre la montre se joue désormais entre l’aggravation des risques et notre détermination à agir pour le climat et à protéger les populations. C’est une course que nous devons gagner», a exhorté de son côté M. Guterres.

L’année suivant El Niño, la chaleur emmagasinée dans l’océan se libère dans l’atmosphère, contribuant généralement à augmenter les températures mondiales, ce qui fait prédire à de nombreux climatologues que l’année 2027 sera la plus chaude jamais enregistrée.

Par Le360 (avec AFP)
Le 03/09/2026 à 07h31