Liban: trois secouristes tués, Israël dit avoir visé 200 sites du Hezbollah en 24H

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé la ville de Deir el-Zahrani, dans le sud du Liban, le 15 avril 2026. AFP or licensors

Le ministère de la Santé a annoncé que trois secouristes au moins ont été tués dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, où l’armée israélienne a annoncé avoir frappé plus de 200 cibles du Hezbollah ces dernières 24 heures.

Le 16/04/2026 à 08h00

La formation pro-iranienne a pour sa part tiré plusieurs dizaines de roquettes sur le nord d’Israël mercredi, au lendemain de la décision du Liban et d’Israël d’entamer des négociations directes en vue d’une paix durable.

Depuis ses frappes massives sanglantes le 8 avril à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n’a plus visé la capitale libanaise ni sa banlieue sud à la suite de pressions diplomatiques.

Mais il a poursuivi ses frappes dans le sud du pays, où l’armée israélienne a reçu l’ordre de tuer tout combattant du Hezbollah jusqu’au fleuve Litani à une trentaine de kilomètres de la frontière, selon un communiqué militaire.

Dans une localité de la région de Nabatiyé, Israël «a visé à trois reprises successives des équipes de secours» dépêchées l’une après l’autre sur le même site, tuant trois secouristes et en blessant six, «tandis qu’un autre est porté disparu», selon un communiqué du ministère de la Santé.

L’un des secouristes tués fait partie des services de secours affiliés au Hezbollah.

Le ministère a dénoncé «un crime qualifié qui trahit la détermination» d’Israël à «empêcher les secouristes de faire leur travail».

Depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, le ministère a recensé 91 tués parmi les secouristes et professionnels de santé dans les bombardements israéliens.

Série de roquettes

Plus tôt, deux frappes israéliennes avaient visé tour à tour deux véhicules sur l’autoroute reliant Beyrouth au sud du pays, à une vingtaine de km de la capitale, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).

Un photographe de l’AFP a vu une voiture calcinée et des pompiers s’activer à éteindre le feu.

L’armée israélienne a en outre appelé les habitants à évacuer une vaste zone entre la frontière et le fleuve Zahrani, à plus de 40 km plus au nord.

Elle a également annoncé avoir frappé «au cours des dernières 24 heures (...) plus de 200 sites d’infrastructures terroristes du Hezbollah dans le sud du Liban», et précisé que parmi ces cibles figuraient «des terroristes, des structures militaires et environ 20 lanceurs» de roquettes.

Israël poursuit en parallèle son offensive terrestre dans le sud, a précisé l’agence Ani, rapportant des combats rapprochés avec le Hezbollah.

La formation pro-iranienne a affirmé quant à elle par la voix de l’un de ses députés, Hassan Fadlallah, que ses combattants «empêchaient les soldats de l’ennemi de prendre le contrôle» de Bint Jbeil, ville à près de cinq km de la frontière où des affrontements sont en cours.

Le Hezbollah pro-iranien a en outre tiré une trentaine de roquettes sur Israël mercredi matin, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’armée israélienne.

La formation a revendiqué dans des communiqués plusieurs tirs de roquettes sur des localités du nord d’Israël, proches de la frontière.

Plainte devant l’ONU

Après la série d’attaques simultanées qui ont visé mercredi dernier plusieurs zones, dont Beyrouth et sa banlieue sud, en faisant plus de 350 morts, le ministère libanais des Affaires étrangères a annoncé mercredi avoir demandé au représentant du Liban auprès des Nations Unies de «déposer une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité et du Secrétaire général».

Mardi soir, des discussions directes à Washington, les premières en plus de 30 ans, se sont tenues entre le Liban et Israël.

Les deux pays vont entamer des négociations directes afin d’instaurer une paix durable, selon le département d’Etat américain, qui accueillait la rencontre, mais un cessez-le-feu n’a pas été annoncé.

Grand absent des discussions, le Hezbollah a condamné ces pourparlers, qualifiés de «capitulation».

Depuis que le Liban a été entraîné le 2 mars par le Hezbollah dans le conflit régional avec l’Iran, les frappes israéliennes ont fait 2.124 morts et déplacé plus d’un million de personnes, selon un bilan officiel.

Par Le360 (avec AFP)
Le 16/04/2026 à 08h00