«La procédure est lancée»: Boualem Sansal déclare attaquer en justice le président algérien Tebboune

L'écrivain Boualem Sansal.

L'écrivain Boualem Sansal.. AFP or licensors

L’écrivain Boualem Sansal, libéré après un an de prison, a affirmé samedi qu’il entendait «attaquer en justice» le président algérien Abdelmadjid Tebboune, quand ce serait «le bon moment». «Je vais aller jusqu’au bout», a assuré l’écrivain.

Le 12/04/2026 à 08h24

L’auteur franco-algérien, invité de la Journée du livre politique qui se tenait à l’Assemblée nationale, s’exprimait lors d’une table ronde avec l’avocat Richard Malka sur le thème «le livre politique, source d’engagement».

«J’ai écrit (...) à (M.) Tebboune quand j’étais en prison (...), je lui ai dit (...) si vous me libérez, je vous attaque en justice. Et je vais attaquer monsieur Tebboune, parce que c’est lui qui m’a condamné», a-t-il déclaré, s’interrompant sous les applaudissements de la salle.

«Ils m’ont condamné à mort, en me mettant dessus tous les trucs - terrorisme, espionnage, attaque à la sûreté de l’État», a ajouté l’homme de 81 ans, qui avait été condamné à cinq ans de prison et incarcéré pendant près d’un an pour certaines prises de position critiques sur son pays natal. Interrogé par l’AFP, Sansal a précisé que «la procédure est lancée». «Mon avocat a préparé un dossier pour saisir la justice internationale contre M. Tebboune», a-t-il ajouté, en disant «attendre le bon moment», évoquant le sort du journaliste sportif Christophe Gleizes, écroué en Algérie depuis mai 2024 où il a été condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme».

«Je vais aller jusqu’au bout», a assuré l’écrivain dissident, estimant n’avoir pas eu «un vrai procès, avec des avocats et des observateurs internationaux».

Boualem Sansal a récemment claqué la porte de son éditeur historique Gallimard pour rejoindre Grasset, une des maisons du géant Hachette Livre, propriété du groupe Louis Hachette contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré.

Dans une tribune au Monde, il avait justifié ce choix par une «divergence» sur la stratégie choisie pendant sa détention. Pour lui, le fait d’avoir été gracié à la suite de démarches diplomatiques, initiées par son éditeur, était «profondément insatisfaisant».

Cette démarche «ne correspond pas à la ligne de résistance que j’ai fermement assumée face au régime violent et cruel d’Abdelmadjid Tebboune», avait-il ajouté.

Par Le360 (avec AFP)
Le 12/04/2026 à 08h24