Militante des droits humains âgée de 54 ans, Mme Mohammadi se bat depuis plus de vingt ans contre la peine de mort et le port obligatoire du voile pour les femmes, en critiquant régulièrement le régime qui gouverne l’Iran depuis la révolution islamique de 1979.
Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d’une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s’est gravement détérioré.
"This suspension of sentence for serious medical reasons was secured thanks to the mobilization of global civil societies and the efforts of human rights diplomacy, which pressured the regime. The mobilization must continue to demand the dropping of charges against Narges… pic.twitter.com/itwruQMnQO
— Narges Mohammadi | نرگس محمدی (@nargesfnd) May 10, 2026
Les autorités iraniennes l’ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche.
Mme Mohammadi «a bénéficié d’une suspension de peine contre une caution importante», a-t-elle ajouté dans un communiqué, sans en dévoiler le montant.
La prix Nobel a été transférée en ambulance vers un hôpital de Téhéran «pour être soignée par sa propre équipe médicale», a encore précisé la fondation.
Son avocat iranien, Mostafa Nili, a confirmé sur X qu’elle avait été transférée à Téhéran dimanche matin «à la suite d’une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales».
امروز خانم #نرگس_محمدی با صدور دستور توقف حکم برای انجام درمان از بیمارستان زنجان خارج و با آمبولانس به بیمارستان پارس تهران منتقل و بستری شدند.
— مصطفی نیلی (@MostafaNili58) May 10, 2026
صدور این دستور در پی نظر پزشکی قانونی مبنی بر لزوم پیگیری درمان خارج از زندان و زیر نظر تیم پزشکان ایشان به دلیل بیماریهای متعدد است.
«La vie de Narges Mohammadi ne tient qu’à un fil», a déclaré son époux, Taghi Rahmani, qui réside à Paris, dans un communiqué.
«Bien qu’elle soit actuellement hospitalisée suite à une grave défaillance de son état de santé, un transfert temporaire est insuffisant. Narges ne doit en aucun cas être renvoyée dans les conditions qui ont altéré sa santé», a-t-il ajouté
«Le monde est témoin»
Sa fondation a déclaré qu’elle avait besoin de soins spécialisés et qu’il fallait «s’assurer qu’elle ne retourne jamais en prison pour purger les 18 années restantes de sa peine».
Narges Mohammadi a subi deux crises cardiaques présumées en prison, le 24 mars puis le 1er mai. Après la dernière, elle a été transportée d’urgence à l’hôpital de Zandjan pour y être soignée.
Son comité de soutien à Paris a alors assuré qu’elle risquait de mourir. Elle a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s’exprimer et est devenue « méconnaissable » par rapport à son état avant sa dernière arrestation, a affirmé mardi son avocate parisienne, Chirinne Ardakani.
Très affaiblie, Narges Mohammadi a perdu près de 20kg. Elle se trouve actuellement entre les mains de son équipe médicale qui va l’examiner après plus de 4 mois de prison dans des conditions inhumaines et refus de soins. pic.twitter.com/aIeZk2fiiH
— Chirinne Ardakani (@CArdakani) May 10, 2026
L’avocate a évoqué à ce sujet le sort du dissident chinois et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mort en détention médicale en 2017, et celui de l’opposant russe Alexeï Navalny, mort dans une prison russe en 2024.
Jeudi, les Etats-Unis avaient exhorté l’Iran à la libérer, pour «lui fournir les soins dont elle a besoin. Le monde est témoin», avait écrit sur les réseaux sociaux Riley Barnes, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des droits humains.
The Iranian regime jailed Narges Mohammadi for using her voice – for speaking on behalf of the Iranian people and their aspirations for a better life. She is now in critical condition and receiving wholly inadequate care. We call on the Iranian regime to release her now…
— Assistant Secretary Riley Barnes (@StateDRL) May 7, 2026
Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises condamnée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes.
Sa dernière arrestation remonte à avant le déclenchement d’un vaste mouvement de contestation contre le pouvoir, auquel celui-ci aurait répondu en faisant des milliers de morts.
En février, elle a été condamnée à six ans de prison de plus pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi pour propagande contre le système islamique de l’Iran. Elle avait alors mené une grève de la faim d’une semaine pour réclamer le droit de téléphoner.
Les deux jumeaux de Mme Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent et étudient à Paris, n’ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu’elle était en prison.




