Explosions à Riyad après une alerte aérienne sur fond de conflit au Yémen

Riyad en Arabie saoudite.

De fortes explosions ont retenti tôt samedi à Riyad, ont constaté des journalistes de l’AFP après une alerte aérienne émise par les autorités, une première dans la capitale saoudienne depuis l’intensification des combats au Yémen.

Le 19/09/2026 à 07h03

Le royaume subit ces derniers jours des attaques croissantes des Houthis, ces combattants pro-iraniens qui contrôlent une grande partie du Yémen et viennent d’effectuer une percée spectaculaire face au gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par une coalition menée par Ryad.

C’est néanmoins la première fois qu’une alerte aérienne est activée dans la capitale même depuis l’intensification de ce conflit, qui secoue encore plus une économie mondiale déjà ébranlée par près de sept mois de guerre au Moyen-Orient.

«La zone est concernée par une menace aérienne hostile», avertit un message reçu par les habitants de Ryad sur leur téléphone peu avant 03H00 locales (00H00 GMT) et les appelant à rester à l’intérieur.

Des journalistes de l’AFP ont ensuite entendu deux explosions, et l’alerte a été levée environ une demi-heure plus tard par la Défense civile saoudienne.

Le royaume n’a pas encore réagi à ces explosions ni détaillé l’origine de la menace évoquée dans les avertissements lancés au cours de la nuit aux habitants de plusieurs régions.

Il est confronté cependant ces derniers jours à des attaques de plus en plus intenses des Houthis. Il les a accusés mercredi d’avoir visé La Mecque, dénonçant une attaque «lâche» contre cette ville sainte de l’islam qui accueille chaque année des millions de pèlerins, sunnites comme chiites.

L’annonce a provoqué un vif émoi dans le monde arabe et musulman.

Les Houthis ont vivement démenti, assurant ne cibler que des installations pétrolières ou des bases militaires, «éloignées des sites sacrés», en réponse au soutien saoudien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Les Houthis signalent tous les jours des dizaines de frappes de riposte menées par Ryad depuis leur offensive éclair de début septembre. Ils contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.

Exportations saoudiennes réduites

La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa puis d’autres régions, déclenchant en mars 2015 une intervention militaire menée par l’Arabie saoudite.

La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les combattants pro-iraniens ont défié le contrôle de Ryad sur l’espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.

Leur récente prise de contrôle du littoral a engendré des craintes à l’international, le transport maritime mondial étant déjà fortement perturbé par le verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, de l’autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Les Houthis assurent, eux, qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans le couloir maritime de Bab el-Mandeb - sauf pour les navires de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Selon la société de suivi maritime Kpler, sur les sept derniers jours, seuls cinq navires chargés de marchandises saoudiennes ont quitté la mer Rouge en franchissant Bab el-Mandeb, soit moins du tiers du trafic hebdomadaire habituel enregistré depuis janvier.

Frappée sur son sol et menacée en mer, d’un côté par les Houthis en mer Rouge, de l’autre par l’Iran dans le Golfe, l’Arabie saoudite est sous pression, avec des conséquences majeures pour l’économie mondiale.

Les États-Unis, qui ont refusé la semaine dernière selon le média américain Axios de frapper les Houthis à la demande de l’Arabie saoudite, ont approuvé jeudi la vente de 48 avions de chasse F-35 au royaume.

La vente, d’une valeur de 24,3 milliards de dollars, doit permettre à Ryad de «dissuader les menaces actuelles et futures», a expliqué le département d’Etat américain - même si la livraison ne sera pas effective avant longtemps.

Au moins 112.000 personnes ont été déplacées au Yémen et près de 3.000 autres se sont réfugiées à Djibouti depuis la reprise des combats début septembre dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, selon les derniers chiffres de l’ONU.

Par Le360 (avec AFP)
Le 19/09/2026 à 07h03