Si les hostilités ont diminué après les frappes israélo-américaines et les répliques iraniennes des premières semaines, la situation reste tendue dans la région, au bout de quasiment huit mois de guerre.
Les Emirats arabes unis ont accusé mardi l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques, tombés en mer, qui visaient «la navigation maritime».
Dans la foulée, la diplomatie émiratie a annoncé sur X suspendre jusqu’à nouvel ordre tous «les échanges commerciaux» et «transactions financières» avec l’Iran.
The United Arab Emirates (#UAE) suspended all trade exchanges and financial transactions with #Iran "until further notice," UAE's state-run WAM news agency reported, citing the Foreign Ministry's strategic communications director. https://t.co/mbbisaAh2Y
— ANews (@anews) August 18, 2026
Téhéran a pour sa part nié avoir lancé des missiles dans le Golfe, rejetant «catégoriquement» les accusations émiraties.
«Aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée avec la République islamique d’Iran. Le blocus naval reste pleinement en vigueur et effectif. Le détroit d’Ormuz est ouvert et fonctionnel. Toutes les mines marines ont été enlevées ou déclenchées», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Cette déclaration pouvait prêter à confusion, après que l’émissaire américain Jared Kushner a fait état lundi de discussions «très positives et animées».
Selon une source américaine contactée par l’AFP, ces discussions ont été suspendues et le président américain a demandé à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que Téhéran ne se rapprocherait pas des positions américaines.
Conditions iraniennes
Les autorités iraniennes n’ont guère envoyé de signaux en ce sens.
Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré mardi que le détroit ne serait pas ouvert tant que Washington n’aura pas rempli ses engagements prévus par un protocole d’accord signé en juin.
Ce texte prévoyait soixante jours de trêve pour négocier un règlement diplomatique durable, mais il n’a débouché sur rien.
Le négociateur iranien a cité parmi ces conditions «la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l’embargo pétrolier» contre Téhéran, ainsi que «la fin des opérations militaires sur tous les fronts».
Donald Trump évoque désormais l’idée de faire d’Ormuz un «territoire américain» et a par exemple publié mardi sur Truth Social une carte qui décrit ainsi le détroit.
President Donald Trump said he may soon declare the Strait of Hormuz “a territory of the United States” after what he described as defeating Iran, escalating his rhetoric over the strategic waterway at the centre of the U.S.–Iran conflict. Trump offered no legal or operational… pic.twitter.com/TbqIz9Rkjy
— Hindustan Times (@htTweets) August 15, 2026
Malgré les affirmations du dirigeant républicain, le trafic dans la zone reste très faible par rapport à ses niveaux d’avant le conflit.
Le décompte des navires est toutefois rendu difficile par le fait que certains vaisseaux choisissent de désactiver leurs transpondeurs, des émetteurs-récepteurs qui communiquent leur position, au moment de le traverser.
Oman
Après l’attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé cette voie de transit majeure des hydrocarbures.
Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.
Malgré ses déclarations surprenantes sur Ormuz ou sa menace faite lundi de bombarder Oman, l’imprévisible président américain semble avoir opté pour le moment pour une posture plus attentiste.
President Trump told Fox News that Iran should "put up the white flag of surrender."
— Trey Yingst (@TreyYingst) August 17, 2026
"I have no time schedule," Trump added. "I'm not in a hurry...the midterms have nothing to do with my thinking."
The President confirmed there is a direct backchannel with IRGC officials.… pic.twitter.com/OAHFVWSQFs
Le conflit contre l’Iran est très impopulaire aux Etats-Unis, et toute reprise des hostilités de la part de Washington impliquerait de composer avec des réserves de missiles déjà largement entamées, selon les médias américains.
Le gouvernement américain parie sur les effets à long terme de la pression économique infligée à l’Iran au travers du blocus maritime et de diverses sanctions.
Le Qatar, parmi les médiateurs entre Téhéran et Washington, a affirmé mardi qu’un accord entre l’Iran et Oman sur le détroit d’Ormuz «faciliterait» la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
L’Iran et Oman, riverains du détroit, discutent depuis plusieurs semaines de la future gestion du détroit. Téhéran a affirmé que les coordonnées géographiques du tracé envisagé par les deux pays «ont été approuvées».
La république islamique, qui prend pour cible des navires tentant de traverser le détroit sans demander d’autorisation, veut imposer des frais de navigation pour des services aux vaisseaux y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région.




