Détroit d’Ormuz: une coalition internationale en préparation à Paris pour sécuriser la navigation

Le détroit d’Ormuz. AFP or licensors

Le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, vont travailler vendredi à Paris avec «trentaine de participants» à la mise en place d’une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, une fois que le fragile cessez-le-feu irano-américain sera consolidé.

Le 17/04/2026 à 06h32

Cette conférence réunira, outre MM. Macron et Starmer, le chancelier allemand, Friedrich Merz, et la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, à l’Élysée. Le reste des participants, «européens, moyen-orientaux, asiatiques et même latino-américains», s’y joindront en visioconférence, a précisé la présidence française.

La réunion, qui n’est pas sans rappeler le format de la coalition des volontaires en soutien à l’Ukraine, doit commencer à 14H00 (12H00 GMT). Elle sera suivie d’une déclaration conjointe du président français et du Premier ministre britannique.

Emmanuel Macron avait lancé dès le 9 mars l’idée d’une mission pour accompagner la réouverture du détroit, une fois que les armes se seront tues. La France et le Royaume-Uni assurent avoir entamé les travaux de planification avec les pays volontaires.

«La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz constitue une priorité immédiate, notamment au regard des conséquences économiques mondiales suscitées par ce conflit», souligne l’Élysée.

Keir Starmer va aussi mettre en avant la nécessité de «rassurer le secteur du transport maritime commercial et soutenir les opérations de déminage, afin de garantir le retour à la stabilité et à la sécurité mondiales», d’après Downing Street.

Sans les Américains

Depuis le déclenchement de la guerre en Iran et l’embrasement du Moyen-Orient le 28 février, le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole et du gaz consommés dans le monde, a entraîné une envolée des prix de l’énergie qui pèse lourdement sur l’économie mondiale.

Si un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril, la situation reste fragile après l’échec, dimanche, de négociations irano-américaines destinées à le consolider.

Téhéran verrouille toujours ce passage stratégique et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

Il faut «une troisième voie entre la pression maximale pratiquée précédemment par les États-Unis sur l’Iran et la reprise de la guerre, y compris les destructions iraniennes contre les pays du Golfe», souligne l’Élysée.

Les États-Unis ne seront pas associés à cette mission et n’assisteront d’ailleurs pas vendredi à la conférence, a précisé la présidence française.

«Nous le ferons certainement en bonne intelligence avec les Américains mais nous n’entrerons pas dans une coalition avec les Américains tout simplement parce que nous ne sommes pas parties au conflit», a indiqué l’Élysée, qui n’entend associer à la mission que des pays non belligérants.

Le chancelier Merz souhaitait, au contraire, la participation de Washington.

Pas de mines, pas de péage

Cette mission, «strictement défensive», suppose en tout cas un arrêt effectif des hostilités entre les États-Unis et Israël d’un côté et l’Iran de l’autre, martèle Paris.

«Pour l’instant nous avons un cessez-le-feu informel et dont la durabilité n’est pas établie», a relevé l’Élysée, alors que des discussions sont en cours pour une possible reprise des négociations irano-américaines.

«Nous avons besoin d’être sûrs que nous avons un engagement iranien de ne pas tirer sur les bateaux qui passent et des États-Unis de ne bloquer aucun bateau qui sorte ou qui rentre dans le détroit d’Ormuz», a insisté le conseiller élyséen.

Le détroit d’Ormuz ne devra pas être miné, «aucun péage ne sera accepté», cette possibilité ayant été évoquée par les Iraniens, et le statu quo antérieur à la guerre doit y être rétabli.

Chaque pays candidat à la mission s’engagera «selon ses moyens». La France dispose, pour sa part, d’un porte-avions, d’une dizaine de bâtiments et d’une cinquantaine d’avions dans la région, a rappelé l’Élysée.

Berlin pourrait, de son côté, contribuer au «déminage ou la reconnaissance maritime à longue distance», selon une source gouvernementale allemande.

La conférence de vendredi sera suivie, la semaine prochaine, d’un «sommet international» au quartier général interarmées permanent de Northwood, au nord-ouest de Londres, toujours sur la question du détroit d’Ormuz, a indiqué Downing Street.

Par Le360 (avec AFP)
Le 17/04/2026 à 06h32