Covid-19: reconfiner ou non? La France et l'Allemagne vont durcir leurs dispositifs

Un homme masqué sort du métro dans le quartier d'affaires de La Défense, à Paris, au matin du 16 octobre 2020, et s'apprête à rejoindre son lieu de travail. 

Un homme masqué sort du métro dans le quartier d'affaires de La Défense, à Paris, au matin du 16 octobre 2020, et s'apprête à rejoindre son lieu de travail.  . CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

La progression galopante de l'épidémie de Covid-19 en Europe va conduire la France et l'Allemagne à annoncer ce mercredi un durcissement de leurs mesures sanitaires, emboîtant le pas à d'autres pays comme l'Italie, où le mécontentement grandit face aux restrictions de plus en plus draconiennes.

Le 28/10/2020 à 12h16

Avec l'idée d'annoncer un nouveau tour de vis en France, où les deux tiers des habitants sont déjà soumis à un couvre-feu nocturne, le président Emmanuel Macron s'adressera mercredi soir à la nation.

"Il faut s'attendre à des décisions difficiles", a prévenu le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin.

"Le sentiment qu'on a, c'est plutôt qu'on va vers un confinement, que ça va durer quelques semaines et que le gouvernement essaie de trouver les moyens de préserver les écoles, les services publics" et "de maintenir un semblant de vie économique pour éviter une catastrophe", a résumé François Baroin, président de l'Association des maires de France, à l'issue d'une réunion avec le Premier ministre Jean Castex hier soir, mardi 27 octobre 2020.

La crainte des autorités françaises est avant tout la saturation des services de réanimation, où plus de la moitié des 5.800 lits disponibles sont déjà occupés.

Face à l'épidémie qui a fait plus de 35.000 morts dans le pays et a atteint un record de plus de 50.000 contaminations quotidiennes dimanche, un infectiologue, Gilles Pialoux, a plaidé mardi pour un nouveau confinement, une "mesure drastique" indispensable car la circulation du virus "est hors de contrôle". Mais le patronat a averti qu'un reconfinement total comme au printemps entraînerait "un écroulement de l'économie".

En Allemagne, une réunion de crise est prévue mercredi entre le gouvernement d'Angela Merkel et les dirigeants régionaux.

Avec environ 11.000 morts, l'Allemagne s'en sort -comme au printemps- toujours mieux que d'autres pays européens comme la France ou l'Espagne.

Mais les nouvelles infections y ont atteint samedi un record de 14.714, et la chancelière n'a de cesse ces derniers temps d'appeler ses compatriotes à rester le plus possible chez eux.

"Il nous faut maintenant prendre des décisions rapidement et de façon déterminée afin de briser cette deuxième vague de contaminations", a martelé le vice-chancelier allemand Olaf Scholz.

Comme dans toute l'Europe, la crainte est d'asséner un nouveau coup à une économie convalescente. Selon les médias, Mme Merkel préconise un "lockdown light" avec fermeture des restaurants et bars, ainsi qu'une interdiction des rassemblements publics. Les écoles et crèches resteraient ouvertes.

Les autres Etats de l'UE sont sur une trajectoire identique, comme la République tchèque où un couvre-feu de 21H00 à 04H59 entre en vigueur mercredi jusqu'au 3 novembre.

Et ce au moment où, en Italie, les rassemblements de personnes excédées sont désormais quotidiens. Des milliers d'entre elles sont encore descendues dans la rue lundi soir, avec de violents incidents à Milan et Turin, les deux grandes villes du nord de ce pays meurtri par la crise sanitaire au printemps.

Car certains n'y croient plus: dans la petite cité portuaire de Pesaro, non loin de San Marin (est), la police est intervenue dans un restaurant dont le propriétaire avait convié 90 personnes à dîner pour signifier son refus de se plier aux règles. "Vous pouvez m'arrêter, je ne fermerai plus", a-t-il lâché.

Le gouvernement italien a imposé ces derniers jours un couvre-feu dans plusieurs grandes régions, la fermeture des bars et des restaurants à 18h, ainsi que celle des salles de sport, de cinéma et de concert.

En Espagne, exsangues après avoir lutté contre le coronavirus pendant plus de six mois, la grande majorité des médecins espagnols du service public ont entamé mardi une grève nationale, la première en 25 ans, pour réclamer plus de reconnaissance.

Le Canada a franchi mardi soir le cap des 10.000 morts. Plus de 90% des décès ont été recensés dans les deux plus grandes provinces du pays, l'Ontario et surtout le Québec. Le Premier ministre Justin Trudeau a reconnu la fatigue qui s'installe dans la population.

"Il n’y a aucun d’entre nous qui veut être ici dans les conférences de presse avec des masques, avec des explications sur (...) plus de cas dans nos écoles, plus de restrictions qui viennent nous limiter, nous embêter dans notre vie de tous les jours", a-t-il dit.

"Ça ne va pas être facile", a-t-il prévenu ."Noël (...) vient. On va probablement dans plusieurs parties du pays ne pas pouvoir se rassembler avec nos familles même si on fait vraiment attention dans les semaines à venir".

Les Etats-Unis restent pour leur part le pays le plus touché, déplorant plus de 225.000 morts sur près de neuf millions de cas. Mais à une semaine de la présidentielle américaine, Donald Trump s'est dit mardi excédé de voir la campagne dominée par la pandémie dont son adversaire Joe Biden a fait son principal atout en dénonçant la gestion du président.

"Covid, Covid, Covid! Les médias «Fake News» n'ont que ce mot à la bouche", a lancé le milliardaire républicain lors d'un meeting à West Salem, dans le Wisconsin.

Dans le monde, le Covid-19 a fait presque 1,2 million de morts pour plus de 43,5 millions de cas enregistrés.

Au siège de l'ONU à New York, toutes les réunions physiques prévues cette semaine ont été annulées après la découverte de cinq cas de Covid-19 au sein de la mission diplomatique du Niger.

Et en Argentine, l'ancienne star du football mondial Diego Maradona a été placé à l'isolement de manière préventive pour avoir été en contact avec une personne présentant des symptômes de la maladie. 

Le 28/10/2020 à 12h16