Coronavirus: au Sénégal, après des résultats encourageants, le traitement par la chloroquine va se poursuivre

Le professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Fann à Dakar, est le coordinateur de la prise en charge des patients contaminés par le coronavirus au Sénégal.

Le professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Fann à Dakar, est le coordinateur de la prise en charge des patients contaminés par le coronavirus au Sénégal. . DR

Le traitement par l'hydroxychloroquine (un antipaludéen, dérivé de la chloroquine) se poursuivra pour les patients testés positifs au Covid-19, qui "guérissent plus vite", indique, ce jeudi 2 avril, un responsable en charge de lutter contre l’épidémie, un mois après le premier cas avéré du pays.

Le 02/04/2020 à 15h00

Selon un dernier bilan des autorités sanitaires du pays, 195 patients testés positifs au Covid-19 sont actuellement soignés dans les hôpitaux du Sénégal, un mois après que l'annonce, le 2 mars 2020, du patient zéro de ce pays. 

Un patient est décédé mardi 31 mars, l'ancien président de l'Olympique de Marseille, Pape Diouf, et un autre a été évacué vers la France, alors que 138 se trouvent actuellement sous traitement, et 55 se sont rétablis, indique le ministère de la Santé.

"Les patients sous traitement, notamment sous traitement spécifique tel que l'hydroxychloroquine, guérissent plus vite, nous l'avons constaté", a annoncé, au cours d'une conférence de presse le professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Fann de Dakar, et coordinateur des soins pour la prise en charge des malades contaminés au Sénégal.

Le Pr Moussa Seydi avait indiqué, le 27 mars à l'AFP, que près de la moitié des patients avaient été traités à l'hydroxychloroquine, dérivé synthétique de la quinine, librement disponible sur le marché, et qui fait actuellement l’objet d'un vif débat entre experts, entre ceux qui préconisent l’administration de ce traitement, et ceux qui restent réservés sur les capacités thérapeutiques de ce traitement antipaludéen pour soigner les patients testés positifs au Covid-19.

"En matière de science, la constatation seule ne suffit pas et il faut faire des recherches poussées avant de valider une attitude", a souligné cet infectiologue, professeur de médecine à Dakar.

"Mais les résultats que nous avons constatés nous rassurent, et rassurent toute mon équipe et nous allons continuer dans ce sens", a-t-il ajouté.

"Dans les jours à venir {nous allons} y associer de l'azithromycine {un antibiotique}, ce qui devrait nous permettre d'avoir de meilleurs résultats", a-t-il affirmé.

Le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Fann a insisté sur le fait que ces résultats "ne doivent pas pousser à l'automédication, qui reste dangereuse".

C'est pour "éviter d'avoir des effets secondaires inconnus et gravissimes, peut-être" a expliqué ce professeur de médecine, que les patients ont jusqu'ici été uniquement traités avec de l'hydroxychloroquine, "bien qu'il soit connu que son association avec de l'azithromycine soit plus efficace", a indiqué le professeur sénégalais.

Mais après n'avoir "pas noté d'effet secondaire" sur les patients, "nous sommes en droit de passer à la deuxième étape", a ajouté ce spécialiste en infectiologie.

Le traitement contre le paludisme par la chloroquine, et son dérivé l'hydroxychloroquine, ne doivent être utilisés pour traiter le Covid-19 que dans le cadre d'essais cliniques ou de "programmes d'urgence", a averti, hier, mercredi 1er avril, l'Agence européenne du médicament (EMA), après que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ait appelé à la prudence.

Le 02/04/2020 à 15h00