Depuis 2020, le marché des voitures d’occasion vit au rythme des perturbations. Parce qu’il est fortement corrélé au marché du neuf, le marché de la seconde main a subi à son tour la pénurie mondiale des semi-conducteurs.
Comme l’explique La Vie Eco dans sa livraison hebdomadaire, cette pénurie "impacte directement le marché du neuf, tant les importateurs ont du mal à constituer le stock de véhicules et à répondre à la demande des clients".
Sans voiture de substitution, les clients gardent donc leurs véhicules, en attendant la disponibilité de nouvelles voitures. Conséquence: "le marché de l’occasion souffre d’un manque d’alimentation, entraînant ainsi un déséquilibre entre l’offre et la demande", relève La Vie Éco.
"Le marché des voitures neuves est constitué à hauteur de 50% par des achats de remplacement", explique Nizar Abdallaoui Maane, fondateur de Kifal auto, marketplace dédiée à la voiture d’occasion, dans les colonnes de l’hebdomadaire.
Selon La Vie Éco, le marché de l’occasion a réalisé près de 600.000 mutations de propriété de la carte grise en 2021, dont environ 500.000 au titre des véhicules particuliers. S’il est en hausse de près de 25% par rapport à 2020, le marché demeure en quasi-stagnation comparativement à 2019.
Le déséquilibre entre l’offre et la demande s’est fait logiquement ressentir sur les prix. Car, face à une demande forte et une offre assez réduite, les prix ont été amenés à augmenter. Cette hausse est estimée jusqu’à 15%. "Les prix ont certes été tirés à la hausse, mais le marché est loin de la progression des prix enregistrée dans d’autres pays comme les Etats-Unis où elle a été de 40%", compare Adil Bennani, président de l’AIVAM.
Nizar Abdallaoui Maane, fondateur de Kifal auto, illustre pour sa part l’impact sur les prix. "Une voiture premium, BMW ayant parcouru 20.000 km avec 2 ans d’âge, a été vendue à peine 10% moins cher que son prix initial, alors que dans un contexte normal, elle aurait perdu 30% de sa valeur dès sa sortie du concessionnaire".




