Le premier semestre de l’année 2026 apporte un souffle d’optimisme particulièrement bienvenu aux analystes de la scène économique internationale. «Selon les données publiées au mois d’août par l’Office des changes, le Maroc affiche une santé extérieure remarquable, tirée par la conjonction favorable de trois leviers majeurs: une reprise soutenue de l’activité touristique, une générosité constante de sa diaspora et un regain d’intérêt spectaculaire de la part des investisseurs internationaux», rapporte le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 4 août.
Dans un paysage économique mondial encore obscurci par la baisse des liquidités et des prévisions de croissance hésitantes, le Royaume apporte la preuve de la maturation de son modèle économique. Longtemps vulnérable aux fluctuations pluviométriques et à la fragilité du secteur agricole, le pays démontre qu’il a su diversifier ses sources de revenus en devises afin de les ancrer sur des fondations bien plus stables et prévisibles.
Certes, le gouvernement et Bank Al-Maghrib maintiennent une vigilance accrue face aux pressions de l’inflation importée et au coût des matières premières. «Néanmoins, les résultats de ce premier semestre envoient un signal particulièrement positif aux marchés financiers et aux agences de notation, confirmant la capacité structurelle de l’économie marocaine à générer des liquidités extérieures», souligne L’Economiste.
Cette solidité repose en premier lieu sur le dynamisme du secteur des services, emmené par le tourisme, devenu la véritable locomotive des entrées de devises. Entre janvier et juin 2026, les recettes tirées des voyages ont atteint 64,89 milliards de dirhams, signant une progression de 15,9% par rapport à l’année précédente. Dans le même temps, les dépenses de voyage des résidents à l’étranger sont restées très contenues, n’augmentant que de 3,6% pour s’établir à 16,09 milliards de dirhams. Il en résulte un excédent de la balance touristique de 48,8 milliards de dirhams, en hausse de plus de 20%. Cette trajectoire illustre une rentabilité accrue du secteur, où l’apport des visiteurs étrangers surpasse nettement les sorties de capitaux liées aux déplacements des résidents.
À cette performance touristique s’ajoute l’apport déterminant des Marocains résidant à l’étranger. Leurs transferts de fonds ont progressé de 9,9% pour s’élever à 61,48 milliards de dirhams au cours des six premiers mois de l’année. «Alors que les épisodes récurrents de stress hydrique continuent d’entretenir l’incertitude autour du produit intérieur brut agricole, ces flux financiers réguliers jouent le rôle de stabilisateurs automatiques pour le compte courant, préservant les réserves de change et garantissant la capacité d’importation du pays», écrit L’Economiste.
Mais au-delà de ces piliers traditionnels, le véritable changement de dimension s’opère sur le terrain des investissements directs étrangers. Le flux net d’investissements entrants a enregistré un bond spectaculaire de 31,5% pour atteindre 26,161 milliards de dirhams au terme du premier semestre. Cette accélération intervient au moment où le Maroc approfondit le développement de ses filières industrielles stratégiques, notamment dans l’automobile, l’aéronautique et les énergies renouvelables, tout en lançant de vastes projets d’infrastructure dans la perspective de la coorganisation de la Coupe du monde 2030. Cette dynamique valide la pertinence de la stratégie de régionalisation des chaînes de valeur. Face aux tensions géopolitiques mondiales et aux risques de désorganisation logistique, les acteurs internationaux choisissent de plus en plus le Maroc comme plateforme d’ancrage industriel à long terme plutôt que comme simple destination de capitaux volatils.
Les indicateurs publiés révèlent un phénomène tout aussi déterminant: l’affirmation du capital marocain au-delà de ses frontières. Avec un flux net d’investissements directs marocains à l’étranger établi à 5,711 milliards de dirhams, les grands groupes nationaux poursuivent leur expansion, en particulier sur le continent africain. Banques, compagnies d’assurances, acteurs de la téléphonie et groupes industriels renforcent leur présence internationale, concrétisant la transformation du Royaume en un véritable hub financier et logistique régional.




